Près de trois mois après les incidents survenus le 28 décembre 2025 au bureau de vote n°6 de Wanindara dispensaire, dans la commune de Matoto, cinq jeunes interpellés ce jour-là seraient toujours en détention, selon plusieurs témoignages concordants recueillis auprès de leurs proches.
Les faits remontent à la soirée de l’élection présidentielle, dans le quartier de Wanindara. D’après des témoins, aux environs de 19h15, après la clôture du scrutin, des hommes en civil accompagnés de militaires se seraient présentés pour récupérer les urnes. Ils auraient exigé la signature d’un procès-verbal déjà prérempli par les membres du bureau de vote, avant d’emporter les caisses.
Cette situation avait provoqué la colère de certains jeunes du quartier, qui avaient tenté de s’opposer à ce qu’ils considéraient comme une opération irrégulière. Les tensions avaient rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, marqués par des jets de pierres et l’usage de gaz lacrymogène.
Selon des témoins présents sur les lieux, cinq jeunes auraient été arrêtés dans la foulée de ces incidents. Depuis, ils seraient maintenus en détention sans qu’aucune information officielle ne soit communiquée sur leur situation judiciaire.
Aujourd’hui, leurs familles dénoncent ce qu’elles qualifient de « détention arbitraire ». Elles affirment n’avoir reçu ni notification formelle des charges retenues contre leurs enfants, ni accès à une procédure judiciaire régulière.
Les parents accusent le ministre des transports, d’être à l’origine de ces arrestations, estimant qu’elles seraient liées au contexte électoral et aux tensions observées ce jour-là. Ils révèlent également avoir été approchés pour le paiement d’une somme de 30 000 000 francs guinéens en échange de la libération des jeunes, une pratique qu’ils dénoncent fermement.
« Nos enfants ont simplement réagi face à ce qu’ils ont perçu comme une injustice. Aujourd’hui, ils sont en prison sans jugement. Nous demandons leur libération ou qu’ils soient présentés devant un juge », déclare un parent, sous anonymat.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités n’a été enregistrée concernant ces accusations. Le silence des institutions compétentes alimente les inquiétudes des familles et des observateurs, qui appellent à plus de transparence.
En attendant, à Wanindara, l’incompréhension demeure. Les familles des cinq jeunes continuent de se battre pour obtenir des réponses, espérant que toute la lumière sera faite sur ces événements et que justice leur sera rendue.
Abdourahmane Baldé Journaliste indépendant.
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