Bujumbura a été secouée, mardi en début de soirée, par une série d’explosions d’une rare intensité. La première détonation a été entendue aux alentours de 18h20, plongeant immédiatement les habitants dans la stupeur. « Tout le monde s’est figé », témoigne un journaliste présent sur place. Dans les heures qui ont suivi, de puissantes explosions se sont succédé, accompagnées de détonations continues.
Très vite, la panique s’est propagée à travers la capitale économique. Marquée par un passé de guerre civile et de violences interethniques, la population a réagi dans la crainte d’un nouvel épisode dramatique. Plusieurs accidents de la circulation ont été signalés, certains conducteurs abandonnant leurs véhicules pour fuir à pied. Des commerces ont fermé précipitamment, tandis que de nombreux habitants cherchaient à se mettre à l’abri. Les témoignages décrivent des scènes de chaos et de désordre généralisé.
Selon des sources concordantes, l’incident serait parti d’un incendie survenu dans un dépôt d’armes lourdes et de munitions situé au sein du camp Base, principal centre logistique de l’armée burundaise. Cette installation, qui stocke notamment équipements militaires, médicaments et vivres, est constituée d’infrastructures souterraines fortifiées.
À ce stade, aucun bilan officiel n’a été communiqué. Toutefois, plusieurs sources évoquent déjà des dizaines de morts, notamment au sein du camp militaire, mais aussi dans la prison de Mpimba voisine et dans différents quartiers de la ville. Des milliers d’habitations auraient subi des dégâts, et le nombre de blessés pourrait atteindre plusieurs centaines, voire davantage.
Le silence des autorités et des institutions locales alimente l’inquiétude. Les responsables administratifs ainsi que les hôpitaux refusent pour l’instant de s’exprimer, attendant une communication officielle du gouvernement. En attendant, l’incertitude demeure et la population reste sous le choc.


















