Devant les conseillers nationaux, la réaction de Kadiatou Konaté ne s’est pas fait attendre après l’annonce de l’augmentation du budget du ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités. Celui-ci passe de 400 milliards GNF en 2025 à 678 milliards GNF dans la loi de finances 2026, soit une hausse significative de 66,24 %.
La présidente de l’ONG ‘’ club des jeunes filles leaders de Guinée’’ a salué une avancée majeure, rappelant que la question du budget figurait parmi les principales revendications des organisations féministes depuis la prise de fonction de la ministre. « Nous avons plaidé pour une augmentation des ressources publiques allouées au ministère, au-delà des financements des partenaires au développement. Aujourd’hui, nous reconnaissons et saluons cette évolution positive », a-t-elle déclaré.
Toutefois, L’activiste des droits des femmes insiste sur la nécessité d’une gestion plus rigoureuse et stratégique des ressources. Elle appelle à orienter ce budget vers les priorités réelles des filles, des femmes et des enfants en situation de vulnérabilité.
Kadiatou Konaté a notamment rappelé qu’en 2025, malgré une enveloppe de 400 milliards GNF, le taux d’exécution budgétaire n’avait atteint que 53 %. Une situation qu’elle juge préoccupante au regard des nombreux défis persistants à travers le pays, de Conakry jusqu’aux zones les plus reculées. « Voir un budget exécuté à moitié face à l’ampleur des besoins révèle un décalage entre les priorités affichées et leur mise en œuvre », a-t-elle souligné.
Dans cette dynamique, elle appelle à une utilisation rationnelle des ressources et à une amélioration significative du taux d’exécution.
Par ailleurs, les conseillers nationaux ont formulé plusieurs recommandations, notamment la reconstruction de la Cité de Solidarité et la construction d’une école pour les sourds-muets.
En complément, Kadiatou Konaté propose une série de mesures concrètes, parmi lesquelles la construction d’une Maison de la Femme. Inspirée de modèles étrangers mais adaptée aux réalités locales, cette structure servirait de centre d’accueil pour les victimes de violences basées sur le genre (VBG), avec une prise en charge complète : médicale, psychosociale, juridique et économique.
Elle plaide également pour la formation et le déploiement de médecins légistes dans toutes les préfectures, en collaboration avec le ministère de la Santé, ainsi que pour le renforcement des capacités des assistantes sociales, leur recrutement en nombre suffisant et une meilleure valorisation de leur travail.
Parmi les autres priorités évoquées figurent la mise en place d’un fonds d’urgence pour garantir la prise en charge gratuite des victimes, y compris sur le plan juridique, l’opérationnalisation effective du numéro 116 pour une assistance rapide, ainsi que l’amélioration du système de collecte et de centralisation des données liées aux VBG.
Autant de propositions qui, selon elle, pourraient permettre de transformer cette hausse budgétaire en un véritable levier d’impact social en Guinée.


















