Non.
Le destin se fabrique.
Le monde n’est pas dirigé par les plus nombreux.
Il est dirigé par les plus lucides, les plus audacieux, les plus stratégiques…
ceux qui comprennent que l’esprit commande la matière.
Pendant que certains peuples créent les guerres, les technologies, les monnaies, les récits, les peurs et même les rêves du monde…
d’autres peuples se réunissent pour en débattre dans des salles climatisées, avec des micros, des badges et des applaudissements.
C’est ça, notre drame.
On parle encore de “l’avenir de nos enfants”
alors que d’autres ont déjà programmé le nôtre.
On découvre l’intelligence artificielle en conférence,
quand ceux qui dominent l’époque sont déjà passés à l’étape suivante.
On nous apprend à commenter le monde.
Eux apprennent à le concevoir.
On nous apprend à attendre.
Eux apprennent à imposer.
On nous apprend à prier.
Eux apprennent à produire.
Et le plus tragique, c’est que beaucoup ne voient même pas le piège.
Ils confient tout à Dieu :
leur misère,
leur peur,
leur avenir,
leur paresse,
leur absence de vision.
Or, être créé à l’image de Dieu devrait d’abord signifier une chose :
Créer. Transformer. Dominer son environnement.
Mais chez nous, l’homme a abandonné son esprit.
Il ne cherche plus.
Il ne creuse plus.
Il ne découvre plus.
Il ne révèle plus.
Il réagit. Il subit. Il prie. Il s’étonne.
Puis il appelle ça la sagesse.
Non. C’est de la démission spirituelle et intellectuelle.
Un peuple qui ne crée pas finit toujours par vivre dans le monde mental des autres.
Il porte leurs vêtements.
Il répète leurs concepts.
Il consomme leurs technologies.
Il défend parfois même leurs intérêts… contre les siens.
Et ensuite il ose parler de souveraineté.
Il n’y a pas de souveraineté sans puissance créatrice.
Nous n’avons pas besoin d’une élite bavarde.
Nous avons besoin d’une élite dangereuse.
Dangereuse pour la médiocrité.
Dangereuse pour la paresse mentale.
Dangereuse pour l’âgisme.
Dangereuse pour la soumission culturelle.
Dangereuse pour la dépendance intellectuelle.
Une élite qui ose fouiller ses propres secrets.
Qui comprend que nos territoires, nos traditions, nos codes, nos savoirs, nos symboles, nos langues et nos silences contiennent peut-être des clés que nous méprisons pendant que d’autres exploitent les leurs.
Le monde ne fonctionne pas par hasard.
Le hasard est le mot que les ignorants utilisent pour nommer ce qu’ils ne comprennent pas.
Ce que nous appelons “surprise” n’est souvent que le résultat du travail invisible des créateurs.
Alors assez de commentaires.
Assez de fascination.
Assez de retard maquillé en humilité.
Un peuple qui ne crée pas son époque devient l’esclave élégant de l’époque des autres.
Retenez bien ceci :
La vraie richesse n’est pas dans les billets de banque.
La vraie richesse, c’est la capacité de produire des idées, des systèmes, des outils, des visions, des réseaux, des technologies et des hommes capables de changer le réel.
L’avenir n’appartient pas aux plus pauvres.
Il n’appartient pas non plus aux plus croyants.
Il appartient à ceux qui savent transformer la croyance en puissance créatrice.
Nous sommes créés à l’image de Dieu.
Alors cessons d’être des spectateurs mystiques dans un monde dirigé par des bâtisseurs.
Un peuple qui prie sans créer finit toujours par vivre sous les plans de ceux qui créent sans prier.
Par Abdourahmane Baldé, DG FONIJ


















