Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a présidé ce lundi la première réunion de deux comités scientifiques dédiés aux procédures de restitution de biens historiques guinéens conservés en France. Ces structures ont pour mission d’accompagner, d’une part, le retour en Guinée du manuscrit, notamment du Coran, et des effets personnels attribués à l’Almamy Samory Touré et, d’autre part, la restitution des restes de l’Almamy Bocar Biro Barry, de certains membres de sa famille et de ses compagnons.
Deux procédures, deux cadres juridiques
Lors de la rencontre, Moussa Moïse Sylla a expliqué que la création de deux comités distincts répond à la différence entre les régimes juridiques applicables aux deux dossiers.
La restitution des restes humains de l’Almamy Bocar Biro Barry, de son fils, de son frère et de l’un de ses chefs de guerre, dont la présence en France a été établie, relève de la loi française de 2023 relative au retour des restes humains issus des collections publiques.
Le dossier concernant le manuscrit et les objets associés à Samory Touré est, quant à lui, soumis au nouveau cadre juridique français relatif à la restitution des biens culturels, adopté en 2026.
Les chercheurs au cœur du processus
Pour le ministre, la réussite de ces démarches dépend largement de la qualité du travail scientifique réalisé en amont. Historiens et chercheurs devront notamment établir l’identité des personnes concernées, documenter l’origine des biens, retracer leur parcours et vérifier les différentes sources disponibles.
L’objectif est de constituer un dossier suffisamment solide pour accompagner les démarches engagées auprès des autorités françaises. Le ministre a ainsi encouragé les experts à confronter les archives et à ne pas limiter leurs recherches aux seules sources conservées à l’étranger.
Les deux comités restent par ailleurs ouverts aux spécialistes guinéens et étrangers. Universitaires, historiens, chercheurs et autres experts ayant travaillé sur Samory Touré, Bocar Biro Barry ou sur le patrimoine concerné pourront ainsi contribuer aux travaux.
Une démarche placée sous le signe de la coopération
Moussa Moïse Sylla a également insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue constructif avec la France. Il a écarté toute approche fondée sur la rancœur, estimant que ces restitutions doivent avant tout contribuer à la réhabilitation de la mémoire historique et au renforcement de la dignité nationale.
Le ministre a inscrit cette initiative dans la vision portée par le président Mamadi Doumbouya à travers le programme Simandou 2040, ainsi que dans le programme national de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine conduit avec le CIRD.
De son côté, Dr Safiatou Bah, représentante du CIRD, a rappelé que la restitution constitue l’un des six axes du programme national consacré au patrimoine. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’associer les départements universitaires d’histoire à cette démarche.
Sansy Kaba Diakité, directeur général de L’Harmattan Guinée, a pour sa part réaffirmé la disponibilité des acteurs du monde culturel et scientifique à soutenir les travaux des deux comités.
À travers cette démarche, la Guinée entend ainsi renforcer le travail de documentation historique préalable aux procédures de restitution et poursuivre ses efforts pour faire revenir sur son territoire des éléments importants de son patrimoine matériel et de sa mémoire nationale.
Cellule de communication du ministère


















