Au Mali, le journaliste Abdrahamane Keïta, directeur du journal Le Témoin, doit comparaître ce lundi 7 septembre 2026 devant le pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité.
Le journaliste est poursuivi après avoir publiquement évoqué la situation à Kidal, dans le nord du Mali, où l’armée malienne et ses partenaires russes de l’Africa Corps ont été contraints de quitter la ville à l’issue de combats avec les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
Arrêté puis placé en détention le 9 juin dernier, Abdrahamane Keïta avait évoqué cette situation sur un plateau de télévision. Sans se réjouir de la défaite des forces maliennes, le journaliste avait simplement tiré les conséquences de leur retrait de Kidal, déplorant notamment que la ville soit désormais, selon ses propos, « administrée » par Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM.
Depuis le retrait des forces maliennes, Kidal reste au cœur des tensions qui opposent les autorités de Bamako aux groupes armés présents dans le nord du pays. La présence de l’administration et des forces de sécurité maliennes y demeure fortement limitée.
C’est notamment ce constat exprimé publiquement qui vaut aujourd’hui au journaliste des poursuites judiciaires. Il est accusé de « délit à caractère régionaliste tendant à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’État », ainsi que de « publication et diffusion d’informations fausses et trompeuses dans l’intention que ces informations soient considérées comme authentiques par le biais d’un système d’information ».
Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse au Mali, notamment sur la marge de manœuvre dont disposent les journalistes lorsqu’ils abordent les questions sensibles liées à la situation sécuritaire, aux opérations militaires et à la gouvernance des territoires du pays.
Le procès d’Abdrahamane Keïta est ainsi suivi avec attention par les professionnels des médias et les défenseurs de la liberté de la presse, dans un contexte où les questions sécuritaires restent particulièrement sensibles au Mali.


















