L’ancien président de la transition burkinabè, Yacouba Isaac Zida, fait son retour dans le débat public après six années de silence. Celui qui avait dirigé le Burkina Faso pendant 21 jours, au lendemain de la chute de Blaise Compaoré, s’est exprimé dans un entretien accordé au journal en ligne « Courrier Confidentiel.
L’ancien lieutenant-colonel, qui s’était ensuite fait nommer général de division, revient notamment sur la gestion du pays par le régime du capitaine Ibrahim Traoré. Un pouvoir qu’il avait pourtant soutenu lors de sa prise de pouvoir en 2022. Ses déclarations suscitent depuis des réactions parmi les soutiens du régime en place.
Sur la question sécuritaire, Yacouba Isaac Zida reconnaît les efforts réalisés avec la « montée en puissance des forces nationales ». Il estime toutefois que la lutte contre le terrorisme ne peut pas reposer uniquement sur une approche militaire de longue durée.
Pour l’ancien chef de la transition, les autorités doivent également agir sur les plans politique, social et communautaire. Il préconise notamment de « renforcer le renseignement, la coopération et une diplomatie adaptée » afin de mieux répondre à la menace terroriste.
Évoquant la présence russe au Sahel, Yacouba Isaac Zida estime que la souveraineté ne devrait pas se limiter à remplacer une dépendance par une autre. Selon lui, « la véritable souveraineté ne consiste pas à choisir de qui dépendre », mais plutôt à se donner les moyens de ne dépendre de personne.
L’ancien dirigeant s’est également prononcé sur les enlèvements de civils et de militaires. Il rappelle que « nul ne devrait être privé de sa liberté » en dehors du cadre prévu par la loi.
Concernant le cas de l’ancien président de la transition Paul-Henri Sandaogo Damiba, extradé du Togo vers le Burkina Faso au début de l’année, Zida estime que la justice doit établir les responsabilités sur la base des faits et des preuves, dans le respect d’une procédure régulière.
Ces prises de position ont suscité des réactions parmi les partisans du pouvoir d’Ibrahim Traoré. Sur les réseaux sociaux, certains soutiens du régime ont notamment lancé une campagne visant à remettre en cause le bilan de Yacouba Isaac Zida lorsqu’il était à la tête de la transition, ainsi que les circonstances de sa révocation des forces armées pour désertion.


















