La pression s’accentue autour de l’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló. Après avoir interdit son retour sur le territoire national, les autorités de transition ont pris de nouvelles mesuresvisant plusieurs responsables considérés comme proches de l’ancien chef de l’État.
Le 1er octobre, le Haut Commandementmilitaire chargé du rétablissement de la sécurité nationale et de l’ordre public a annoncé qu’Umaro Sissoco Embaló ne pouvait pas regagner la Guinée-Bissau. L’ancien président, qui se trouvait en exil au Maroc, avait annoncé son intention de rentrer dans le pays le 4 octobre, dans la perspective notammentde la prochaine élection présidentielle.
Pour justifier cette décision, les autoritésmilitaires ont invoqué l’absence de conditionssécuritaires suffisantes pour garantir sonretour. Elles ont également rappelé queles manifestations et rassemblements à caractère politique demeurent interditspendant la période de transition.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions politiques depuis la prise de pouvoir des militaires en novembre 2025. Selon l’Associated Press, Umaro Sissoco Embaló avait alors été renversé après une élection contestéeet vit depuis plusieurs mois au Maroc. A
Des proches écartés des structures de sécurité
Dans les jours qui ont suivi l’interdiction de son retour, plusieurs responsables au sein desforces de défense et de sécurité, présentés par des médias bissau-guinéens comme proches de l’ancien président, auraient été désarmés et relevés de leurs fonctions.
Ces mesures s’inscrivent dans un mouvementplus large de réorganisation des structuressécuritaires et institutionnelles par les autoritésde transition. Leur portée exacte et la liste complète des responsables concernésn’ont toutefois pas été détaillées dansles sources publiques consultées.
Deux ministres limogés
Le durcissement s’est également poursuivi au sein du gouvernement de transition. Le président de la transition, le généralHorta Inta-A, a signé le 6 octobre le décretprésidentiel n°22/2026 mettant fin auxfonctions de deux membres du gouvernement.
Il s’agit du brigadier-général Mamasaliu Embaló, ministre de l’Intérieur et de l’Ordrepublic, ainsi que de Virgínia Maria da Cruz Godinho Pires Correia, ministre de laPêche et de l’Économie maritime. Les deux limogeages prennent effet immédiatement, selon les informations publiées par la pressebissau-guinéenne. E
Plusieurs médias présentent ces deux responsables comme étant proches d’Umaro Sissoco Embaló. Toutefois, la Présidence de la République n’a pas officiellement précisé les motifs de leur limogeage dans le décretrapporté par la presse.
Dans la foulée, de nouveaux responsablesont été nommés. António Suca Ntchamaprend la tête du ministère de l’Intérieur et de l’Ordre public, tandis que Fidelis Forbsest nommé ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, selon le décret n°23/2026 rapporté par la presse. E
Une transition sous tension
Ces décisions successives interviennent alors que les autorités militaires cherchent à maintenirleur contrôle sur la période de transition et surle calendrier politique du pays. L’interdiction du retour d’Umaro Sissoco Embaló, les restrictions visant les rassemblements politiques et les changements opérés au sein de l’appareil gouvernemental témoignent d’un contextepolitique toujours marqué par de fortes tensions.
Pour l’heure, les autorités de transition justifient officiellement l’interdiction visant l’ancienprésident par des considérations liées à la sécurité nationale et au maintien de l’ordre public. Les informations faisant état d’un ciblage de ses proches dans les forces de sécurité ou au sein du gouvernement relèvent, lorsqu’elles ne sont pas accompagnées de justifications officielles, de rapports dela presse locale et régionale.


















