L’entrée en vigueur de l’interdiction des sachets plastiques à usage unique en Guinée suscite des réactions dans le secteur économique. Pour Fatou Baldé Yansané, cette mesure ne constitue pourtant pas une surprise pour les opérateurs concernés, qui disposaient, selon elle, de deux années pour anticiper la transition.
Le décret portant interdiction des plastiques à usage unique en Guinée avait été signé le 21 septembre 2024. Le texte accordait notamment un délai de deux ans aux unités industrielles concernées afin de se mettre en conformité avec les nouvelles dispositions.
Ce délai est arrivé à échéance le 20 septembre 2026.
Pour Fatou Baldé Yansané, ces deux années représentaient une période suffisamment longue pour permettre aux entreprises concernées d’évaluer les conséquences de la réforme, de s’organiser et de proposer des solutions alternatives.
« Deux années, c’est un temps suffisamment important pour qu’un secteur économique directement concerné puisse réfléchir, s’organiser et anticiper », estime-t-elle.
La question qu’elle soulève est donc celle de la préparation du secteur : quelles démarches ont été entreprises pendant ces deux années pour préparer l’après-sachet ?
Selon elle, les entrepreneurs directement concernés par une décision réglementaire majeure doivent également prendre leur part de responsabilité dans l’anticipation des changements.
« Il ne suffit pas d’attendre la date d’application pour découvrir les conséquences de la décision », souligne-t-elle.
Les acteurs économiques invités à dialoguer avec l’État
Pour Fatou Baldé Yansané, les opérateurs économiques auraient pu, bien avant l’échéance, se regrouper, rencontrer les autorités et présenter des propositions concrètes.
Elle estime qu’ils auraient notamment pu documenter les difficultés auxquelles leurs entreprises seraient confrontées, évaluer les emplois menacés, chiffrer les investissements nécessaires et proposer des alternatives aux sachets plastiques.
Cette démarche aurait également permis, selon elle, d’identifier les besoins d’accompagnement nécessaires à la reconversion du secteur.
« C’est aussi cela, être entrepreneur : anticiper les risques, comprendre les enjeux réglementaires et chercher des solutions avant que la crise n’arrive », fait-elle valoir.
Une transition qui nécessite des solutions
Si l’État a choisi d’interdire les plastiques à usage unique pour des raisons environnementales, les acteurs économiques concernés conservent, selon elle, la possibilité de contester la mesure, d’en discuter les modalités ou de demander des aménagements.
Mais cette démarche doit, insiste-t-elle, s’inscrire dans un dialogue engagé suffisamment tôt avec les pouvoirs publics.
Elle rappelle à cet égard que l’arrêté d’application pris en septembre 2026 prévoit des possibilités de plans de mise en conformité ou de reconversion. Ces plans peuvent notamment porter sur les équipements nécessaires, les investissements à réaliser, les emplois concernés, les alternatives envisagées ainsi que les besoins d’accompagnement.
Pour elle, ces dispositions montrent que la transition ne doit pas nécessairement être synonyme d’arrêt brutal de l’activité, mais peut être l’occasion d’une réorganisation du secteur.
Au-delà de l’interdiction, la question de la préparation
Dans ce contexte, Fatou Baldé Yansané estime que le débat public ne devrait pas se limiter à la question de savoir pourquoi les sachets plastiques sont interdits.
Il devrait également porter sur la manière dont les entreprises concernées ont préparé cette échéance et sur les solutions qu’elles ont proposées aux autorités.
« Comment avons-nous préparé cette transition et quelles solutions avons-nous proposées ? »
À ses yeux, l’anticipation constitue un élément essentiel dans la gestion des changements réglementaires.
« Une décision publique se subit beaucoup moins lorsqu’on a eu le temps de l’anticiper, de s’organiser et de proposer des solutions », conclut-elle.


















