Le Sénégal se dirige vers un probable report des élections locales initialement annoncées pour le 17 janvier 2027. En cause, l’absence de signature du décret de convocation du corps électoral par le président Bassirou Diomaye Faye, alors que le délai légal fixé par le Code électoral est arrivé à échéance le lundi 19 octobre. Une situation qui suscite déjà des divergences au sein de la classe politique.
L’incertitude plane sur la tenue des prochaines élections locales au Sénégal. Alors que le Premier ministre avait annoncé, début septembre, la date du 17 janvier 2027 pour l’organisation du scrutin, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, n’a toujours pas signé le décret convoquant les électeurs.
Selon les dispositions du Code électoral évoquées dans ce dossier, cette convocation devait intervenir au plus tard 90 jours avant la date du scrutin. Le délai ayant expiré le lundi 19 octobre, l’absence de décret ouvre la voie à un report de fait des élections, sans qu’une communication officielle du chef de l’État soit venue expliquer la situation.
Au sein du camp présidentiel, certains responsables contestent toutefois l’idée d’un report. Ils estiment que le calendrier électoral reste conforme aux dispositions légales.
Aminata Touré, superviseure générale de Kiiraay, le nouveau parti présidentiel, défend notamment cette position en s’appuyant sur l’article 269 du Code électoral. Selon son interprétation, cette disposition permettrait la tenue des élections au cours de la cinquième année du mandat, soit à n’importe quel moment de l’année 2027.
Cette lecture est cependant contestée par l’opposition, qui dénonce un manque de clarté dans la gestion du processus électoral et accuse le pouvoir de chercher à gagner du temps.
Pour les opposants au régime, le retard observé dans la convocation du corps électoral soulève des interrogations sur les intentions du pouvoir. Certains accusent le camp présidentiel de vouloir se donner davantage de temps pour renforcer les rangs de Kiiraay, notamment en attirant des cadres de l’Alliance pour la République (APR), l’ancien parti au pouvoir dirigé par Macky Sall.
Ces accusations traduisent les tensions politiques qui entourent déjà la préparation des prochaines échéances électorales.
Une autre hypothèse circule dans les rangs du pouvoir : celle d’un couplage des élections locales avec des élections législatives anticipées.
Amadou Ba, membre du Pastef, estime que le président Bassirou Diomaye Faye pourrait envisager cette option après une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, une possibilité qui pourrait se présenter à partir de la fin du mois de novembre.
Pour l’heure, aucune décision officielle n’a été annoncée pour confirmer ce scénario. L’évolution de la situation dépendra notamment des choix du chef de l’État et des arbitrages politiques et juridiques à venir.
À quelques mois de l’échéance initialement annoncée, le calendrier des élections locales demeure donc incertain. Entre divergences d’interprétation du Code électoral, accusations de l’opposition et hypothèse d’un couplage des scrutins, la question électorale s’impose déjà comme un enjeu majeur de la vie politique sénégalaise.


















