Le porte-parole de la police ougandaise, Kituuma Rusoke, a déclaré lundi que la tête de Kabera n’avait toujours pas été retrouvée. Le gouvernement rwandais n’a pas commenté publiquement ce meurtre. Les circonstances exactes de sa mort restent, à ce stade, à établir.
Ancien instructeur et musicien de la fanfare militaire, Robert Kabera était connu sous le surnom de « Sergeant Robert ». Il s’était également fait un nom sur YouTube, où sa chaîne réunissait environ 144 000 abonnés. Ses vidéos, souvent très suivies, critiquaient régulièrement le président Kagame et son administration.
Son parcours personnel était aussi marqué par une accusation d’agression sexuelle. Robert Kabera niait fermement en être l’auteur. C’est après cette accusation qu’il avait quitté le Rwanda pour l’Ouganda, le 19 novembre 2020.
Selon sa famille, l’ancien sergent-major s’était rendu sur un chantier de construction situé à environ 45 kilomètres de Kampala avant sa mort. Les circonstances de son déplacement et les conditions dans lesquelles son corps a été retrouvé n’ont pas été précisées par les autorités ougandaises.
Sa veuve, Jeanne d’Arc Rwigema Uwizeye, a confié à BBC Great Lakes, dans un message écrit, sa peur pour la sécurité de ses proches. « C’est effrayant. Je me sens folle, les enfants et moi ne sommes plus en sécurité », a-t-elle déclaré.
Ce drame intervient dans un contexte particulièrement sensible. Plusieurs détracteurs du président Kagame ont été tués, tant au Rwanda qu’à l’étranger, des faits régulièrement dénoncés par des organisations de défense des droits humains. La mort de Robert Kabera, figure connue de la diaspora rwandaise critique du pouvoir, risque d’alimenter les interrogations sur la sécurité des opposants et des voix dissidentes exilées.
Pour l’heure, aucune information ne permet d’établir un lien entre ce meurtre et les critiques formulées par la victime contre Kigali. Mais l’absence de commentaire public du gouvernement rwandais et les zones d’ombre entourant la découverte du corps maintiennent les proches de Robert Kabera dans l’inquiétude.


















