Au Mali, l’armée est accusée d’avoir tué sept civils dans une zone frontalière avec la Mauritanie et le Sénégal. Plusieurs sources locales pointent du doigt les Forces armées maliennes (FAMa). Cette région est connue pour être un foyer d’activité de groupes jihadistes. Pour l’instant, les autorités maliennes n’ont fait aucune déclaration officielle concernant ces accusations.
Les faits remonteraient au 26 février. Selon des habitants de la commune d’Aïté, contactés par RFI, une patrouille de soldats maliens serait arrivée dans la localité. Cinq commerçants, possédant la double nationalité malienne et mauritanienne, auraient été immédiatement arrêtés dans leurs boutiques.
D’après un membre de la société civile locale, le convoi militaire se serait ensuite dirigé vers un site minier voisin. Deux autres commerçants mauritaniens y auraient été interpellés. Leurs marchandises et leurs biens auraient été incendiés.
Peu après, les sept hommes auraient été emmenés par les militaires. Des habitants, dont un cousin de l’une des victimes, ont tenté de les retrouver. Ils affirment avoir découvert les corps sans vie des sept hommes à environ sept kilomètres de la commune. Selon ces témoins, les victimes auraient été exécutées.
Craignant que les corps soient piégés avec des explosifs, les habitants n’ont pas osé les toucher immédiatement.
Ce n’est que dix jours plus tard, lundi, que les dépouilles ont finalement été enterrées. Cet événement a provoqué un climat de peur et de panique dans la zone. De nombreux habitants d’Aïté et des villages voisins auraient fui vers la Mauritanie, dont la frontière se trouve à seulement une dizaine de kilomètres.


















