La grève générale déclenchée au Sénégal par le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) se poursuit ce jeudi 22 octobre 2026. Au lendemain d’une première journée de mobilisation, la plateforme, qui regroupe 13 centrales syndicales, se félicite d’une participation jugée satisfaisante dans plusieurs secteurs d’activité. Le mouvement, lancé mercredi, doit prendre fin ce vendredi 23 octobre.
À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), prévue le 31 octobre au Sénégal, les syndicats entendent maintenir la pression sur les autorités pour obtenir une amélioration des conditions de travail. L’appel à la grève concerne notamment l’enseignement, la santé, les transports et la justice.
Les transports fortement perturbés à Dakar
Dès la première journée, mercredi 21 octobre, les conséquences du mouvement social étaient perceptibles dans la capitale sénégalaise. Le secteur des transports a été particulièrement affecté, avec de nombreux bus publics immobilisés dans les dépôts de la société nationale.
Cette situation a compliqué les déplacements des usagers, contraints de chercher des solutions alternatives pour rejoindre leurs lieux de travail ou leurs établissements scolaires.
Saliou Khouma, un étudiant habitué à emprunter la ligne 7 de Dakar, a exprimé son mécontentement face aux difficultés rencontrées. Il déplore des trajets plus longs et plus compliqués, estimant que cette grève pénalise fortement les populations qui dépendent des transports en commun.
À l’inverse, certains travailleurs en grève considèrent cette mobilisation comme nécessaire pour faire entendre leurs revendications. Un agent municipal estime notamment que l’organisation prochaine des JOJ ne doit pas occulter les difficultés rencontrées par les travailleurs sénégalais. Il plaide pour l’ouverture d’un dialogue sincère entre le gouvernement et les organisations syndicales.
Une mobilisation inégale selon les secteurs
Malgré les perturbations constatées, le mouvement n’a pas été suivi de manière uniforme dans tous les secteurs. Dans l’enseignement, certains professionnels ont choisi de poursuivre leurs activités habituelles.
C’est le cas d’une enseignante syndiquée exerçant dans une école du quartier de Ouakam, qui explique avoir préféré rester en classe. Selon elle, les précédents mouvements sociaux n’ont pas toujours permis d’obtenir des accords durables entre les syndicats et les autorités.
Elle estime également que les élèves sont souvent les premières victimes des grèves, notamment lorsque les cours sont interrompus alors que les évaluations de fin d’année sont maintenues.
Des réquisitions contestées par les syndicats
Parallèlement aux perturbations, les autorités ont pris des mesures pour garantir la continuité de certains services publics. Après la réquisition d’agents de la Senelec, la compagnie nationale d’électricité, le gouverneur de Dakar a annoncé, mercredi 21 octobre, la réquisition de certains conducteurs de Dakar Dem Dikk, la société publique de transport par autobus.
Les autorités justifient cette décision par la nécessité de maintenir le service public malgré le mouvement de grève. Une mesure vivement contestée par les responsables syndicaux, qui dénoncent une atteinte au droit de grève.
Pape Birama Diallo, coordonnateur technique du FSDT, accuse le gouvernement de chercher à entraver la mobilisation par des mesures coercitives. Il critique notamment le recours à la réquisition collective des travailleurs, tout en affirmant que la plateforme reste disposition


















