La création de la Société nationale du tabac (SNT) en Guinée continue de susciter des réactions, notamment sur ses implications pour la lutte contre le tabagisme. Invité ce mercredi dans l’émission Face à Télé 24, animée par Hadja Kadé Barry, Ibrahima Sory Cissé, président de l’ONG Génération sans tabac Guinée, a exprimé son soutien à cette initiative des autorités, mettant envant ses retombées économiques potentielles et sa capacité à favoriser la création d’emplois.
Face aux interrogations soulevées par la mise en place de cette société, le responsable de l’organisation engagée dans la lutte contre le tabagisme a tenu à clarifier la position de son ONG. Pour lui, la création de la SNT ne signifie pas nécessairement un encouragement à la consommation du tabac. Il estime plutôt que cette structure pourrait contribuer à mieux encadrer le marché, à lutter contre la contrebande et à renforcer les recettes de l’État.
« Vous savez que depuis plus de 30 ans maintenant, voire même 40 ans, la seule usine qui était en Guinée, qu’on appelait Enta, est fermée. Si je comprends bien l’idée du décret, les gens pensent que nous sommes euh le président de la République ou son cabinet, voire même les autorités guinéennes, encouragent la consommation du tabac. Non, c’est tout à fait euh au contraire. J’ai reçu des appels, j’ai eu à causer avec certaines personnes. Bon, ils pensent que vu que je suis dans une ONG, je suis le président d’une ONG qui lutte contre le tabac et dérivés, qu’il fallait rentrer dans la polémique. D’abord, il faut être clair avec tout le monde, ce décret, nous l’avons applaudi et nous continuerons à l’applaudir. Vous savez, à l’ONG Génération sans tabac Guinée, notre rôle est alerteur, notre rôle est de mobiliser et sensibiliser la population contre la consommation de ce qu’on appelle ce tabac et dérivés. Ce décret parlant de la SNT, Société Nationale du Tabac, n’a rien à voir avec les dispositions que la convention cadre de l’OMS a pris pour contrer euh la consommation du tabac et dérivés. Vous savez que les pays les plus industrialisés du monde ont des grandes usines de fabrication des marques de cigarettes. En Guinée, c’est le contraire. Aujourd’hui, quand vous prenez les importations au niveau de nos frontières terrestres, maritimes, aériennes, il y a ce qu’on appelle ici euh la contrebande des marques de cigarettes. Cette société vient pour réguler tous ces facteurs. Quand vous partez plus loin, vous comprenez avec moi que la création de cette société va favoriser le recrutement des Guinéens, et ce recrutement des Guinéens, chaque personne recrutée dans cette société aura un impact positif dans sa famille. Donc, dans la lutte, c’est la lutte contre la pauvreté. Bon, je dirais à tout le monde que le premier rôle d’un citoyen, d’abord, c’est de respecter la décision des autorités, surtout quand un chef d’État prend un décret, ce n’est pas pour rien. Le président Mamadi Doumbouya est un chef d’État qui a le souci de voir sa population dans les meilleures conditions. Et notre ONG Génération sans tabac Guinée concerne toutes les générations, ça concerne même la génération du président de la République. Dans ce cas, nous disons que le président de la République fait aussi la promotion de la santé. Les gens qui s’agitent doivent cesser la c’est-à-dire le sensationnel. Vous savez, le sensationnel détruit le débat. Il faut respecter les autorités, il faut encourager les autorités concernant les actes qu’ils prennent. Vous allez voir que le chômage va diminuer, la caisse de l’État sera remplie encore, malgré que on a le programme et le projet Simandou 2040, aujourd’hui, nous sommes dans une dynamique qu’il faut entretenir le remplissage, si je dis dans un français terre-à-terre, de nos caisses, surtout la caisse de l’État. Bon, nous, notre objectif est de dire, par exemple, aux autorités, tirez la sonnette d’alarme, l’étiquetage des paquets de cigarettes, hein, ça, c’est des choses qu’il faut faire. C’est vrai que la Guinée a signé la convention-cadre de l’OMS de la lutte contre le tabac, mais cela ne nous empêche pas de mettre en place une société nationale du tabac. » a indiqué Ibrahima Sory Cissé, président de l’ONG Génération sans tabac Guinée, dans l’émission Face à Télé 24.
Le président de l’ONG estime également que cette initiative pourrait générer des emplois directs et indirects. Les recrutements envisagés offriraient, selon lui, des perspectives à des jeunes Guinéens et contribueraient à améliorer les conditions de vie de leurs familles.
Il voit aussi dans ce projet une possibilité d’accroître les recettes publiques, à condition que les activités du secteur soient mieux réglementées et soumises aux obligations fiscales applicables.
Il estime que l’existence de la SNT ne doit pas empêcher la Guinée de respecter ses engagements dans le cadre de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte antitabac.
À ce titre, il appelle notamment les autorités à renforcer l’étiquetage des paquets de cigarettes, une mesure qu’il juge importante dans le dispositif de prévention.
La création de cette société ouvre ainsi un débat sur l’équilibre entre les objectifs économiques, la lutte contre la contrebande, la création d’emplois et les impératifs de santé publique. Si Ibrahima Sory Cissé défend une approche axée sur la régulation du marché et les retombées économiques, les effets réels de cette initiative dépendent notamment de ses modalités de fonctionnement et des mesures de prévention qui l’accompagneront.
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