Le Parlement algérien a approuvé, dimanche 25 octobre 2026, l’envoi de forces militaires au Niger, ouvrant la voie à une intervention officielle de l’armée algérienne hors de ses frontières pour la première fois depuis 1973, selon les informations rapportées. Cette décision intervient dans un contexte marqué par les défis sécuritaires auxquels fait face le Niger et par le renforcement de la coopération entre Alger et Niamey.
Les deux chambres du Parlement ont donné leur feu vert à cette opération. L’Assemblée populaire nationale (APN), chambre basse, a annoncé l’adoption à l’unanimité de la résolution autorisant l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire au Niger. Le Sénat avait auparavant également approuvé cette initiative à l’unanimité.
D’après des informations relayées par des médias algériens, les militaires concernés pourraient être mobilisés pour assurer la protection des installations pétrolières et des investissements de Sonatrach, la compagnie nationale algérienne des hydrocarbures, dans le nord du Niger.
Alger renforce son soutien à Niamey
Cette autorisation parlementaire s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre les deux pays. Ces derniers mois, l’Algérie aurait multiplié les initiatives de soutien au Niger, notamment par la fourniture de quatre hélicoptères militaires et le déploiement d’avions de combat après une tentative de mutinerie militaire survenue en août.
Au début du mois d’octobre, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait réaffirmé la volonté de son pays de soutenir le Niger face aux menaces pesant sur sa stabilité. Lors d’une rencontre avec des représentants des médias nationaux, il avait déclaré : « Nous protégerons le Niger quoi qu’il arrive », en soulignant notamment les intérêts économiques de l’Algérie dans ce pays voisin.
Cette nouvelle étape intervient également quelques jours après la visite à Alger du ministre nigérien de la Défense, Salifou Modi, qui s’est entretenu avec le chef de l’État algérien.
Un tournant dans la doctrine militaire algérienne
L’autorisation d’envoyer des troupes au Niger pourrait marquer une évolution importante de la politique de défense algérienne, traditionnellement attachée au principe de non-intervention militaire au-delà de ses frontières.
« Cette décision marque une évolution majeure de la doctrine de défense algérienne historiquement fondée sur le principe de non-intervention militaire, hors des frontières nationales », a estimé le chercheur algérien Abdelah Akir.
Pour le Niger, confronté à des menaces sécuritaires persistantes, notamment liées aux groupes jihadistes, un tel appui pourrait contribuer à renforcer la protection de certaines infrastructures stratégiques. Toutefois, les modalités précises de cette opération, notamment les effectifs concernés, la durée du déploiement et les missions exactes des unités militaires, restent à préciser dans les informations disponibles.
Des intérêts sécuritaires et économiques en jeu
Au-delà de la coopération sécuritaire, cette décision traduit également l’importance des enjeux économiques pour Alger. La protection des investissements énergétiques algériens au Niger, en particulier ceux de Sonatrach, constitue un élément central des motivations évoquées autour de ce déploiement.
En autorisant l’envoi de militaires à l’étranger, les institutions algériennes ouvrent ainsi une nouvelle séquence dans les relations entre les deux pays. Les conditions de mise en œuvre de cette décision et ses conséquences sur la coopération régionale seront déterminantes pour en mesurer la portée.
Les informations relatives à cette décision, annoncée pour le 25 octobre 2026, restent à confirmer auprès de sources officielles algériennes et nigériennes avant publication.


















