À l’issue de l’audition de son client, Mandian Sidibé, ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Me Sékou Traoré, avocat de la défense, a exprimé sa satisfaction quant au déroulement des débats. Face à la presse, il a rejeté les accusations évoquées contre son client et contesté la valeur du rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) présenté dans le dossier.
« Aujourd’hui, nous avons eu l’occasion de nous exprimer librement sur les débats qui ont fait couler beaucoup d’encre dans la cité. Nous avons pu donner notre part de vérité », a déclaré l’avocat, estimant que les explications fournies au cours de l’audition permettent de comprendre que les accusations portées contre son client sont, selon lui, « infondées ».
Tout en laissant à la juridiction le soin d’apprécier les arguments des différentes parties, Me Sékou Traoré a qualifié cette journée de « satisfaction » pour la défense. Il a également réagi aux critiques de la partie adverse, qui aurait accusé son client de ne pas vouloir dire la vérité. Pour l’avocat, Mandian Sidibé a plutôt livré sa version des faits sans détour.
Interrogé sur le rapport de l’Inspection générale d’État, qui aurait constitué l’un des principaux points abordés lors de l’audition, le conseil de la défense a expliqué pourquoi il estime que ce document ne peut être opposé à son client.
Selon Me Sékou Traoré, le rapport n’aurait pas respecté le principe du contradictoire, dans la mesure où Mandian Sidibé n’aurait jamais été invité à présenter sa version des faits ni à fournir les pièces nécessaires à l’examen de sa gestion.
« Le rapport doit être contradictoire. Mais c’était un rapport qui n’a jamais été opposé à M. Mandian. Il n’a jamais été appelé pour donner sa version des faits », a-t-il soutenu.
L’avocat a également mis en avant le statut juridique de l’OGP, qu’il présente comme une société anonyme régie par les dispositions de l’Acte uniforme de l’OHADA relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique. À ce titre, il estime que les règles applicables au fonctionnement des entités publiques ne sauraient automatiquement être transposées à une société anonyme.
Dans son argumentation, Me Sékou Traoré a notamment rappelé le rôle du commissaire aux comptes, chargé de vérifier la régularité et la sincérité des états financiers de la société.
Il affirme que les comptes de l’exercice 2022-2023 avaient déjà été certifiés par le commissaire aux comptes et transmis à la Cour des comptes, sans qu’aucune irrégularité ou faute ne soit, selon lui, relevée.
« Est-ce que le rapport d’un inspecteur va remettre en cause la sincérité des états financiers qui ont été certifiés par un commissaire aux comptes, qui est l’organe habilité à effectuer cette vérification ? », s’est-il interrogé.
À travers ces arguments, la défense entend ainsi contester la portée du rapport de l’Inspection générale d’État et mettre en avant les garanties juridiques et comptables dont aurait bénéficié la gestion de l’ancien directeur général de l’OGP.
La décision revient désormais à la juridiction, appelée à apprécier les arguments développés par les différentes parties dans cette affaire.

















