L’Algérie est en deuil. Liamine Zeroual, figure marquante de l’État durant la « décennie noire » des années 1990, est décédé dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars 2026 à Alger, à l’âge de 84 ans, des suites d’une longue maladie.
En réaction, la présidence algérienne a décrété un deuil national de trois jours pour rendre hommage à cet ancien militaire devenu chef d’État, qui a dirigé le pays de 1995 à 1999.
Né en 1941 à Batna, dans le nord-est du pays, Liamine Zeroual s’engage très jeune dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, prenant les armes dès l’âge de 16 ans. Après l’indépendance, il poursuit une carrière militaire, se formant notamment en ex-Union soviétique, en Égypte et en France.
Il gravit progressivement les échelons jusqu’au grade de général, avant d’être nommé commandant des forces terrestres en 1989. Une fonction qu’il quitte rapidement en raison de divergences avec sa hiérarchie sur l’organisation de l’armée.
En 1993, en pleine guerre civile algérienne, il est nommé ministre de la Défense, au moment où débute la violente confrontation entre l’armée et les groupes islamistes, dont le Front islamique du salut. Ce conflit, connu sous le nom de « décennie noire », fera des centaines de milliers de victimes.
Deux ans plus tard, en 1995, Liamine Zeroual est élu président de la République lors de la première élection pluraliste du pays. Son mandat est marqué par des tentatives de dialogue avec les islamistes, une approche qui suscite des tensions au sein de l’armée, alors que les violences contre les civils persistent.
En 1998, affaibli et usé par les responsabilités, il annonce sa démission et convoque une élection présidentielle anticipée. Celle-ci sera remportée en 1999 par Abdelaziz Bouteflika.
Retiré de la vie politique depuis, Liamine Zeroual demeurait une figure respectée et populaire en Algérie. La présidence a annoncé « avec tristesse » son décès à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache à Alger, précisant qu’il s’est éteint « après un combat contre une maladie grave ».
Durant les trois jours de deuil national, les drapeaux seront mis en berne sur l’ensemble du territoire ainsi que dans les représentations diplomatiques algériennes à l’étranger.


















