Dans un contexte de tensions persistantes sur les liquidités, le président Mamadi Doumbouya a annoncé une série de mesures visant à mieux encadrer la circulation monétaire. Lors d’une visite surprise à la Primature ce mardi, le chef de l’État a notamment évoqué la mise en circulation prochaine d’un billet de 50 000 francs guinéens.
Mais sur le terrain, cette décision suscite plus d’inquiétudes que d’espoirs. À Conakry, de nombreux citoyens interrogés peinent à voir en quoi cette mesure pourrait résoudre les difficultés actuelles.
« Le problème n’est pas le manque de gros billets, mais l’accès à notre propre argent. Avec l’inflation, un billet de cette valeur risque même de tirer les prix vers le haut », estime Ousmane Barry, qui redoute une nouvelle dégradation de son pouvoir d’achat.

Pour beaucoup, la crise dépasse largement la question des coupures disponibles. M’mahawa Koita, ménagère, partage cette inquiétude. Déjà fragilisée par la hausse du coût de la vie, elle craint que l’introduction de ce nouveau billet ne complique davantage la gestion des dépenses quotidiennes, notamment pour se nourrir, se déplacer ou se soigner. Selon elle, cette initiative pourrait accentuer la précarité des ménages au lieu de les soulager.

Même son de cloche chez Ibrahima Sory Touré Camara, ingénieur, qui doute de l’efficacité de la mesure. « Aujourd’hui déjà, retirer de l’argent à la banque est un parcours difficile. Les distributeurs sont souvent vides et les files d’attente interminables. Alors, où trouvera-t-on ces nouveaux billets ? » s’interroge-t-il.
Dans la capitale, la méfiance reste donc forte. Pour une grande partie de la population, l’urgence est ailleurs : garantir un accès fluide aux liquidités et freiner la hausse du coût de la vie.
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