Les vendeurs du marché d’Enco5, dans la commune de Matoto, ont manifesté ce mardi à Conakry pour protester contre leur déguerpissement du site où ils avaient été recasés depuis plusieurs mois. Ces commerçants, hommes et femmes, dénoncent également les tarifs qu’ils jugent trop élevés pour accéder aux boutiques et magasins du nouveau marché. Au cours de leur mobilisation, ils ont scandé des slogans hostiles aux autorités communales et appelé à l’intervention des pouvoirs publics.
La colère était visible ce mardi chez ces vendeurs, déjà déguerpis en janvier dernier des emprises publiques. Après leur recasement sur un nouveau site, ils se retrouvent une nouvelle fois confrontés à une mesure d’évacuation qu’ils disent ne pas comprendre.

Sous leurs installations de fortune, malgré la pluie qui s’abat sur Conakry, les commerçants ont investi les rues pour faire entendre leur mécontentement. Au cœur de leurs revendications : le coût des nouvelles places commerciales, qu’ils estiment largement au-dessus de leurs capacités financières.
Selon Mamadou Saliou Diallo, vendeur à Enco5, les conditions proposées dans le nouveau marché ne correspondent pas aux moyens des petits commerçants. Pour lui, l’incompréhension est d’autant plus grande que les vendeurs avaient déjà commencé à aménager le précédent site de recasement. Le commerçant dénonce notamment les montants demandés pour les espaces commerciaux.
« Si on vous dit de payer une mensualité de 1 million 140 000 ou de 1 million 500 000 francs, pour quelqu’un qui n’a même pas un capital de 5 millions, je pense que ça devient autre chose. On a fini d’aménager là où on était. On a mis les bâches et autres pour qu’on puisse rester là-bas. Ils viennent aujourd’hui matin, on nous dit que personne n’y accède dedans. Donc c’est le problème qu’on a ici », poursuit Mamadou Saliou Diallo.
Face à cette situation, les commerçants demandent aux autorités de revoir les conditions d’accès au nouveau marché. Ils souhaitent notamment une réduction des tarifs afin de permettre aux petits vendeurs de disposer d’un espace commercial. Désemparé face à cette situation, le vendeur en appelle également à l’intervention du chef de l’État :
« Nous ne savons plus où donner de la tête, le président n’a qu’à nous aider. L’appel qu’on a à lancer, c’est de voir, c’est-à-dire là où on a construit le nouveau centre, de raisonner le prix à notre hauteur pour qu’on puisse avoir la possibilité d’accéder au magasin ou à la boutique », plaide Mamadou Saliou Diallo.
Aucun incident n’a été signalé au cours de cette manifestation. Les vendeurs restent toutefois déterminés à poursuivre leur mobilisation jusqu’à la prise en compte de leurs revendications. Ils appellent les autorités de la commune de Matoto et les pouvoirs publics à privilégier le dialogue afin de trouver une solution à leur situation.


















