La question de l’occupation du foncier public prend une nouvelle dimension dans la préfecture de Coyah. Après plusieurs secteurs de la capitale et de ses environs confrontés à une multiplication des remblais et à l’extension des zones d’habitation, les autorités judiciaires se penchent désormais sur la situation foncière de Coyah.
Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, s’est rendu ce mardi dans la préfecture, à la tête d’une délégation. Cette descente sur le terrain visait notamment à constater la situation de certains terrains appartenant à l’État et à s’informer sur leur mode d’occupation.
La démarche intervient dans un contexte marqué par une urbanisation rapide de plusieurs localités de Coyah. Dans certaines zones, des opérations de remblaiement auraient contribué à modifier les espaces naturels, notamment les secteurs humides et les zones de mangrove. Une évolution qui soulève des interrogations sur la maîtrise de l’urbanisation, la préservation de l’environnement et la sauvegarde du patrimoine foncier public.
Au cours de cette visite, l’accent a été mis sur la nécessité de procéder à l’identification des terrains relevant du domaine de l’État. L’objectif affiché est de mieux sécuriser ces espaces et, lorsque des occupations irrégulières sont constatées, de permettre leur retour dans le patrimoine public par les voies prévues à cet effet.
Les services préfectoraux de l’Urbanisme et de l’Habitat ont annoncé leur volonté de collaborer avec les autorités dans cette opération. Le directeur préfectoral de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Ousmane Lansary Sylla, a notamment assuré que ses équipes restent disponibles pour accompagner le processus de récupération et de sécurisation des biens fonciers de l’État.
De son côté, Alphonse Charles Wright a encouragé les efforts entrepris au niveau local. Il a demandé à l’Inspection régionale de constituer une équipe pluridisciplinaire afin de dresser un inventaire des terrains relevant du patrimoine de l’État.
Cette commission devra réunir plusieurs services, notamment ceux de l’Habitat, de l’Agriculture, de l’Agence nationale de l’aménagement et de la météorologie (ANAM) et de l’Environnement. Elle aura pour mission de localiser, documenter et répertorier les différents domaines publics concernés dans la préfecture.
Plusieurs sites ont été évoqués lors de la mission, parmi lesquels les zones de remblais présumés de Moukarimouya, dans Doumbouya, et de Gberema, dans le quartier Somayah-Fory.
Cette opération intervient alors que la pression foncière gagne de plus en plus les périphéries de Conakry. L’occupation des espaces naturels pour répondre à la demande croissante en terrains à bâtir pose des questions importantes en matière d’aménagement du territoire et de protection des zones humides.
À travers cette mission, les autorités cherchent donc à obtenir une meilleure visibilité sur l’état du foncier public à Coyah. Le travail annoncé de la commission mixte devrait permettre d’établir une cartographie des domaines de l’État et de déterminer les situations nécessitant, selon les cas, une intervention administrative ou judiciaire.


















