La décision du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) de dissoudre près d’une quarantaine de partis politiques en Guinée continue de provoquer des réactions contrastées au sein de la population. Selon les autorités, cette mesure vise à sanctionner les formations qui ne respectent pas les obligations légales encadrant leur fonctionnement.
Parmi les partis concernés figurent plusieurs grandes formations de la scène politique guinéenne, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l’ancien président Alpha Condé, ainsi que l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré.
À Conakry comme dans les villes de l’intérieur du pays, cette décision alimente les débats. Certains y voient une opportunité de clarifier et d’assainir le paysage politique, tandis que d’autres redoutent une restriction de l’espace démocratique.
Pour ses partisans, cette dissolution pourrait contribuer à réorganiser un système politique jugé trop fragmenté. Plusieurs partis n’existeraient que sur le papier ou ne respecteraient pas les exigences administratives prévues par la loi. À Koloma, Alimou Barry, commerçant, soutient cette initiative des autorités :
« Il y avait trop de partis sans réelle activité. Si l’État veut mettre de l’ordre, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. »
Les partisans estiment également que cette mesure pourrait favoriser l’émergence de partis plus structurés et crédibles, capables de proposer de véritables projets de société, et offrir une opportunité de renouveler la classe politique guinéenne.
Cependant, cette décision suscite aussi des inquiétudes. Certains craignent que la dissolution de partis majeurs ne réduise le pluralisme politique et limite l’expression de l’opposition. Étudiante à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, Hawa Touré s’interroge :
« Quand on dissout les principaux partis d’opposition, peut-on encore parler d’un véritable choix politique pour les citoyens ? »
Ainsi, si certains espèrent que cette décision permettra de « réorganiser » la scène politique nationale, d’autres craignent qu’elle ne contribue à restreindre l’espace politique dans le pays.
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