Ancien secrétaire général de l’Elysée sous Georges Pompidou, négociateur des accords de Grenelle en 1968, chef du gouvernement de François Mitterrand en 1993, il avait échoué face à Jacques Chirac lors de la présidentielle de 1995. Personnage incontournable de la Ve République, il s’est éteint lundi 31 août, à 97 ans.
On peut avoir été un secrétaire général de l’Elysée omniprésent, un ministre de l’économie tout-puissant, un premier ministre convaincant, même un sérieux candidat à la présidence de la République, et porter sur la politique un jugement d’une cinglante sévérité. On peut avoir savouré l’art de gouverner et se montrer d’une cruelle lucidité sur les ressorts de l’ambition et du pouvoir. Ce fut, sa vie durant, le paradoxe d’Edouard Balladur qui vient de mourir, lundi 31 août, à l’âge de 97 ans.
Il l’avait écrit sans mettre de gants : « Tout l’art de la politique consiste à plaire afin d’être choisi, puis maintenu en place. » C’est « le monde de la médisance et de l’envie ». Un monde où « tout s’oublie, les mauvaises actions, les malhonnêtetés, les reniements », car chez le « véritable politique, le succès justifie tout ». Dressé en 2010, quinze ans après son échec à l’élection présidentielle, ce portrait à la pointe sèche était autant un autoportrait : « Je ne voulais pas être de ceux-là. » Clairvoyant, il poursuivait : « Je croyais pouvoir réussir sans compromis avec moi-même. Convaincu de la justesse de mes idées, je me croyais apte à gouverner, mais je négligeais trop la force des intérêts, la violence des faibles »


















