Le Tribunal de première instance de Dixinn a rendu, ce mercredi 19 août 2026, sa décision dans le dossier opposant le ministère public à Abdourahmane Bella Bah, activiste, entrepreneur et fondateur d’un établissement scolaire privé.
Poursuivi pour injure et diffamation commises au moyen d’un système informatique, sur la base de l’article 363 du Code pénal et de l’article 29 de la loi L037 relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel, Bella Bah a été reconnu coupable par le tribunal.
La juridiction l’a condamné à six mois d’emprisonnement, dont cinq mois assortis du sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 40 millions de francs guinéens. Elle a également ordonné la suppression du compte Facebook portant le nom « Bella Bah ».
Cette décision intervient après les réquisitions du ministère public. Le substitut du procureur, Oumar Diallo, avait requis une année d’emprisonnement contre le prévenu, estimant nécessaire de renforcer la responsabilité des utilisateurs des réseaux sociaux et de lutter contre les contenus jugés préjudiciables.
La défense, pour sa part, avait plaidé la relaxe de son client. À défaut, les avocats avaient demandé au tribunal de privilégier une peine assortie du sursis, en mettant notamment en avant son parcours, ses activités professionnelles et son rôle dans l’éducation des jeunes.
Ils avaient également insisté sur le fait que Bella Bah n’avait jamais été condamné auparavant et avaient demandé que soit pris en considération le pardon accordé au cours de l’enquête par la partie plaignante, Elhadj Mamadou Saliou Camara, imam de la Grande Mosquée Fayçal.
À l’annonce du verdict, Bella Bah, qui avait contesté les faits qui lui étaient reprochés pendant les débats, a manifesté sa déception. Ses conseils ont annoncé qu’ils allaient échanger avec leur client avant de décider de l’opportunité de saisir la Cour d’appel de Conakry.
Un éventuel appel pourrait ainsi conduire à un nouvel examen du dossier, alors que cette affaire continue de susciter de nombreuses réactions et discussions sur les réseaux sociaux en Guinée.


















