Labé, capitale du Fouta-Djalon – Le mythique orchestre Kolima Jazz signe son retour aux répétitions. Cette reprise constitue une nouvelle étape dans la sauvegarde et la transmission du riche patrimoine musical de Labé et, plus largement, de la Guinée.
Le retour du groupe intervient dans un contexte marqué par un regain d’intérêt pour la promotion culturelle dans la région. À l’occasion de la pose de la première pierre du futur Centre culturel et Musée régional Karamoko Alpha Mo Labé, les membres du Kolima Jazz ont exprimé leur reconnaissance au ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, dirigé par le ministre Moussa Moïse Sylla, pour les efforts engagés en faveur de la culture guinéenne.
Assurer la transmission aux jeunes générations
Pour les anciens membres du Kolima Jazz, cette reprise ne se limite pas à renouer avec les répétitions. Elle répond également à une ambition essentielle : former une nouvelle génération de musiciens capables de perpétuer l’héritage du groupe.
Les vétérans souhaitent ainsi ouvrir leurs séances de travail aux jeunes passionnés de musique afin de leur transmettre leur expérience, leurs techniques et les valeurs qui ont façonné l’histoire de l’orchestre.
L’objectif est de préparer progressivement la relève et de permettre à ce patrimoine musical, construit au fil des décennies depuis l’indépendance de la Guinée en 1958, de continuer à vivre.
Le Kolima Jazz a notamment été marqué par plusieurs figures emblématiques, parmi lesquelles Maître Abdoul Gadiry, Mic Paraya, feu Doyen Sow Bailo, feu Dr Labico, Djibril Labico Diallo alias Niko, Ousmane Bah dit Lakiss, feu Elhadj Mamadou Bah Dieng, Alpha Midiao Baldé, feu Sow Boubacar, Amadou Oury Barry alias Pablo, Rizo Bangoura, Mamadou Bah, feu Pascal Condé, feu Djoudja, feu Dr Gontrant Macka, feu Mamadi Kourouma, Thierno Mamoudou Diallo dit Gilmare et feu Djely Sory Diabaté.
Dans cette dynamique de transmission, la nouvelle génération commence également à se faire une place. C’est notamment le cas de Sidiki Diabaté Ka Bindhéré, fils du regretté Djely Sory Diabaté.
« Notre souhait est de permettre aux jeunes d’apprendre à nos côtés. Avec le temps, nous voulons qu’ils puissent prendre la relève et poursuivre l’histoire commencée depuis la création du groupe », confient les responsables du groupe.
Le Centre culturel Ka Werdè ouvre ses portes au Kolima Jazz
Pour accompagner cette démarche, le Kolima Jazz bénéficie désormais d’un espace dédié aux répétitions et à l’apprentissage. Les séances se déroulent au Centre culturel Ka Werdè, mis gratuitement à la disposition du groupe par l’artiste et opérateur culturel Mamadou Thug.
Les vétérans invitent ainsi les jeunes, notamment ceux qui s’intéressent à la musique traditionnelle et moderne, à venir participer aux séances afin de se former directement auprès des anciens.
« Un véritable chanteur ou musicien se révèle sur scène, en live. Nous invitons tous les jeunes passionnés à venir apprendre avec nous. Nos séances de répétition et d’apprentissage leur sont ouvertes », lancent-ils.
Avec cette reprise, le Kolima Jazz entend donc conjuguer mémoire, transmission et création. Le retour aux répétitions apparaît ainsi comme bien plus qu’une simple reprise d’activités : il symbolise la volonté de créer un lien entre les générations et de préserver une partie importante de l’histoire musicale et culturelle de la Guinée.
M. Lamine Satina Diallo
Cellule de communication – Centre culturel Ka Werdè


















