Les prévenus avaient été interpellés dans une concession située au quartier Nakoyakpala, dans la commune urbaine de Nzérékoré, avant d’être placés sous mandat de dépôt le 1er octobre dernier. L’affaire est enregistrée au rôle de l’audience correctionnelle sous le RG n°578/2026.
Les personnes poursuivies sont Alassane Diallo, Fatoumata Kaba, Boussoura Barry, Mamadou Malado Touré, Amadou Diallo, Alpha Oumar Diallo, Binta Diallo, Mory Traoré, Mohamed Soumah, Mamadou Barry, Ibrahima Keita, Souleymane Bah et Fatoumata Binta Diallo.
Une dénonciation à l’origine de l’enquête
À l’audience, le ministère public a expliqué que l’affaire avait été déclenchée par une dénonciation de riverains du quartier Nakoyakpala. Ces derniers, intrigués par les activités d’un groupe de personnes installées dans une concession, avaient alerté les autorités.
Selon le substitut du procureur, Mohamed Fatoumata Soumah, cette dénonciation a conduit le parquet à mobiliser la brigade de recherches, l’ESMI et l’escadron de gendarmerie. Une opération menée sur place a permis d’interpeller les treize suspects.
Des promesses d’emploi qui auraient conduit à un réseau pyramidal
Au cours de leurs auditions, la majorité des jeunes ont déclaré s’être rendus en Guinée forestière dans l’espoir d’y trouver un emploi. Ils auraient été attirés par des proches ou des connaissances leur présentant des opportunités professionnelles.
Une fois sur place, ils auraient été intégrés aux activités d’un réseau dénommé « Infinity Millennium ». Le parquet présente cette organisation comme un système de recrutement en chaîne reposant sur une vente pyramidale à caractère frauduleux.
Pour le ministère public, le réseau aurait particulièrement ciblé des jeunes à la recherche d’opportunités d’insertion professionnelle.
Téléphones confisqués et déplacements contrôlés
Dans ses réquisitions, le parquet a également évoqué les conditions dans lesquelles les jeunes étaient hébergés. Plusieurs éléments ont été présentés comme révélateurs d’une situation d’emprise, notamment leur regroupement dans une même concession, la confiscation de leurs téléphones portables ainsi que le contrôle de leurs déplacements et de leurs communications.
Pour le ministère public, ces pratiques sont susceptibles de caractériser une privation de liberté. Toutefois, l’accusation considère que douze des treize prévenus doivent eux-mêmes être considérés comme des victimes du système.
Alassane Diallo présenté comme le principal responsable
Le parquet a, en revanche, établi une distinction entre les douze jeunes et Alassane Diallo.
Ce dernier aurait reconnu devant les enquêteurs son rôle de responsable et d’encadreur du groupe installé dans la concession. Selon l’accusation, il aurait également servi de relais local à un certain « Amadou Foula », présenté comme la personne chargée de recruter les victimes à travers le pays.
« Si les autres membres du groupe peuvent être considérés comme des victimes, pour le cas d’Alassane Diallo, il n’en sera pas ainsi », a déclaré le substitut du procureur.
Le parquet requiert un an de prison contre Alassane Diallo
À l’issue des débats, le ministère public a demandé au tribunal de mettre hors de cause les douze jeunes pour les faits de traite des êtres humains, tout en les invitant à collaborer avec la justice afin de contribuer au démantèlement du réseau.
Concernant Alassane Diallo, le parquet a requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme pour complicité de traite des êtres humains.
Le ministère public a par ailleurs appelé les autorités administratives et locales à renforcer les campagnes de sensibilisation afin de prévenir les jeunes contre les réseaux proposant de fausses opportunités d’emploi.
Après la clôture des débats, le président du TPI de Nzérékoré a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu ce jeudi 8 octobre 2026.
AOB


















