La Guinée franchit une nouvelle étape dans la réforme de sa filière aurifère. Le ministère des Mines et de la Géologie a adopté un nouveau dispositif réglementaire visant à renforcer le contrôle de la production, à réduire la contrebande et à favoriser la transformation de l’or sur le territoire national.
Selon deux arrêtés rendus publics lundi soir à la télévision nationale, tout l’or provenant des exploitations industrielles, semi-industrielles ainsi que de l’exploitation artisanale mécanisée devra désormais être transféré vers des raffineries agréées établies en Guinée.
À travers cette réforme, les autorités souhaitent notamment accroître la valeur ajoutée générée localement par l’exploitation de l’or. Le nouveau mécanisme prévoit également la protection des droits de propriété des producteurs et déposants. Les opérations de fonte et d’affinage devront ainsi être encadrées par des contrats définissant clairement les conditions applicables au minerai confié aux raffineries.
Une traçabilité renforcée de la mine au marché
Pour assurer le suivi de la production et limiter les circuits clandestins, l’État guinéen met également en place la Plateforme Intégrée Nationale de Traçabilité de l’Or (PINTO).
Le dispositif permettra d’attribuer à chaque lot d’or extrait un identifiant unique. Celui-ci servira à retracer son parcours depuis le site d’exploitation jusqu’à sa destination finale, offrant ainsi aux autorités un outil de contrôle renforcé sur la chaîne de commercialisation.
La réforme entend également aligner le secteur aurifère guinéen sur les exigences internationales en matière de transparence et de diligence raisonnable. Les opérateurs devront notamment respecter les standards de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de la London Bullion Market Association (LBMA).
Ces exigences portent notamment sur l’origine de l’or et visent à garantir qu’il ne soit pas issu de zones de conflit, ni associé à des opérations de blanchiment de capitaux ou au financement du terrorisme.
Un dispositif placé sous supervision interinstitutionnelle
La gestion technique de la PINTO a été confiée à l’Office Guinéen d’Expertise, d’Évaluation et de Certification (OGED).
L’organisme travaillera sous la supervision d’un comité de pilotage réunissant plusieurs institutions publiques. Présidé par le Secrétaire général du ministère des Mines, ce comité associe notamment la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), la Direction générale des Douanes, la Brigade anti-fraude ainsi que le Laboratoire National de Géologie.
Avec ce nouveau cadre, les autorités guinéennes cherchent à mieux maîtriser les flux d’or produits dans le pays, à renforcer la transparence du secteur et à favoriser une plus grande captation de la valeur ajoutée au niveau national.


















