L’audience consacrée à l’affaire Abourahmane Bella Bah, connu sous le nom de Bella Bah, s’est poursuivie ce lundi 17 août 2026 au tribunal de première instance de Dixinn.
Après avoir entendu les explications du prévenu, recueilli les observations des différentes parties et examiné le procès-verbal de l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara, les débats ont été déclarés terminés par le président du tribunal, Mohamed Sangaré. L’imam, rappelons-le, n’a pas souhaité se constituer partie civile. Le parquet a ensuite été invité à présenter ses réquisitions, avant les plaidoiries de la défense.
À la barre, le substitut du procureur Oumar Diallo a reconnu que l’imam avait simplement exprimé une opinion, ce qui relève, selon lui, de sa liberté d’expression. Il a toutefois estimé que les publications de Bella Bah allaient au-delà de la critique, en raison notamment des qualificatifs employés à l’égard de l’imam, qu’il avait notamment traité de « corrompu, malhonnête et manipulateur ».
Pour le ministère public, de tels propos étaient de nature à provoquer des tensions et à porter atteinte à l’ordre public. Considérant ainsi que les éléments constitutifs de l’injure et de la diffamation étaient réunis, Oumar Diallo a demandé au tribunal de retenir la culpabilité du prévenu et de lui appliquer une sanction qu’il juge à la hauteur de la gravité des faits.
Le parquet a notamment évoqué l’existence d’un « trouble exceptionnel à l’ordre public » pour justifier une peine sévère. En s’appuyant sur les dispositions légales relatives à la cybersécurité, il a finalement requis douze mois d’emprisonnement contre Abourahmane Bella Bah.
La défense a vivement contesté cette demande. Prenant la parole, Me Alseny Aissatou Diallo a déclaré être profondément affecté par les réquisitions du ministère public. Selon lui, son client reconnaît avoir commis une faute et se trouve dans une démarche de repentance.
L’avocat a également rappelé que l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara avait choisi de pardonner à Bella Bah et avait lui-même appelé à l’indulgence, allant jusqu’à solliciter la clémence du ministère public.
Me Alseny Aissatou Diallo a par ailleurs décrit son client comme un citoyen sans antécédents de nature à remettre en cause son intégrité et comme un éducateur investi dans des initiatives qu’il considère utiles à la société. Il a reconnu que certains propos avaient pu constituer une erreur, tout en mettant en avant les regrets exprimés par Bella Bah et sa disposition à tirer les leçons de cet épisode.
Au terme de sa plaidoirie, l’avocat a invité le tribunal à acquitter purement et simplement son client. À titre subsidiaire, il a demandé que Bella Bah bénéficie de circonstances largement atténuantes et, s’il devait être condamné, que la peine prononcée soit assortie du sursis.


















