Les réquisitions et plaidoiries ont débuté ce mercredi 17 juin 2026 devant le tribunal de première instance de Dixinn dans l’affaire opposant le ministère public à Hadiatou Bah, Ahmed Saadate Diallo et Mamadou Alpha Baldé, connu sous le nom de SopraAlpha.Ouvrant les débats, l’avocat de la partie civile a estimé que les propos tenus par l’artiste Hadiatou Bah dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux ont gravement porté atteinte à l’honneur et à la dignité de son client, propriétaire du bar dénommé « Belingam ».
« Les propos de Madame Hadiatou Bah sont d’une gravité extrême. Ils ont porté atteinte à l’honneur et à la dignité de mon client, qui s’est battu pour bâtir cette entreprise et vivre dignement. En conséquence, je demande au tribunal de la reconnaître coupable des faits qui lui sont reprochés », a plaidé l’avocat, précisant qu’il ne réclame qu’un franc symbolique au titre des dommages et intérêts.
S’agissant des deux autres prévenus, Ahmed Saadate Diallo et Mamadou Alpha Baldé alias SopraAlpha, l’avocat de la partie civile a rappelé qu’ils sont des créateurs de contenus et non des journalistes. Selon lui, ils ont relayé les déclarations de l’artiste sans les censurer ni les vérifier. Il a ainsi demandé au tribunal de les déclarer coupables et de les condamner à produire un nouveau contenu destiné à rétablir l’honneur de son client, contenu qui devrait être diffusé sur leurs différentes plateformes.
L’avocat a également sollicité leur condamnation solidaire à publier un autre contenu visant à « laver l’honneur » du propriétaire de l’établissement Belingam.Dans ses réquisitions, le ministère public est revenu sur les déclarations de Hadiatou Bah ainsi que sur leur diffusion par Ahmed Saadate Diallo et Mamadou Alpha Baldé.
Le parquet a requis la condamnation des trois prévenus. À l’encontre de Hadiatou Bah, il a demandé qu’elle soit reconnue coupable des faits retenus contre elle, notamment de proxénétisme et de complicité de diffusion. Pour la répression, le procureur a requis une peine de deux ans d’emprisonnement assortie de sursis ainsi qu’une amende de 25 millions de francs guinéens.Concernant Ahmed Saadate Diallo et Mamadou Alpha Baldé, le ministère public a requis qu’ils soient déclarés coupables de diffusion de contenus portant atteinte à l’ordre public et à la dignité des personnes. Il a demandé à leur encontre une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’une amende de 15 millions de francs guinéens chacun.
Le procureur a également sollicité des peines complémentaires. Il a notamment demandé au tribunal d’ordonner le retrait immédiat des contenus incriminés et d’interdire aux prévenus l’utilisation des réseaux sociaux, notamment Facebook, TikTok et YouTube, pour une durée de six mois.
- L’audience a finalement été renvoyée au 1er juillet 2026 pour la poursuite des réquisitions et des plaidoiries.

















