Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a donné son accord à la levée de l’interdiction de sortie du territoire visant deux anciens hauts responsables du régime d’Alpha Condé : l’ex-Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara.
Dans une réquisition datée de ce jeudi 10 septembre 2026, le parquet spécial demande aux autorités chargées du contrôle aux frontières de mettre en œuvre cette autorisation afin de permettre aux deux anciens responsables de se rendre à l’étranger pour recevoir des soins médicaux.
L’autorisation concerne en premier lieu Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre de Guinée entre mai 2018 et septembre 2021.
Poursuivi devant la CRIEF, il a été condamné en appel, le 2 juillet 2026, à trois ans et neuf mois de prison, assortis d’une amende de deux milliards de francs guinéens, pour des faits d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.
Ses avocats avaient demandé la levée de son interdiction de sortie du territoire, invoquant notamment son état de santé et la nécessité d’une prise en charge médicale spécialisée à l’étranger. Plusieurs documents médicaux ont été versés au dossier, dont un rapport établi le 8 juin 2026.
Après examen de la demande, le parquet spécial estime que le maintien de l’interdiction de sortie n’est plus nécessaire à ce stade de la procédure. Selon Alphonse Charles Wright, cette autorisation ne serait pas de nature à compromettre les éventuelles voies de recours ni le déroulement de la procédure judiciaire.
Le parquet prend également en compte les garanties de représentation présentées par l’ancien Premier ministre et l’élection de domicile effectuée par ses conseils.
Amadou Damaro Camara bénéficie lui aussi de cette mesure pour des raisons médicales.
L’ancien président de l’Assemblée nationale est poursuivi dans une procédure devant la CRIEF. Dans un arrêt rendu le 22 mai 2025, la chambre des appels de la juridiction avait partiellement infirmé la décision de première instance et l’avait condamné à trois ans et six mois d’emprisonnement, ainsi qu’à une amende de 15 millions de francs guinéens au profit de l’État.
Dans sa requête adressée au parquet spécial, Damaro Camara affirme que son état de santé nécessite une prise en charge urgente dans un établissement spécialisé à l’étranger. Il indique également avoir entrepris des démarches pour obtenir la levée de son interdiction de sortie du territoire.
L’ancien président de l’Assemblée nationale s’est par ailleurs engagé à revenir en Guinée et à répondre aux convocations de la justice chaque fois que cela sera nécessaire.
Dans sa réquisition, le procureur spécial demande au commissaire spécial de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré et au directeur central de la police aux frontières de prendre les dispositions nécessaires pour permettre aux deux anciens responsables de quitter le territoire.
L’autorisation est explicitement motivée par la nécessité pour Ibrahima Kassory


















