DISCOURS DU CAMARADE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU SYNDICAT NATIONAL DE L’ÉDUCATION ( SNE) À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES CE DIMANCHE 8 MARS 2026.
Camarades enseignantes,
Chères combattantes de la craie,
Militantes de la dignité scolaire,
Aujourd’hui, l’heure n’est plus aux célébrations de façade. En ce 8 mars 2026, le Syndicat National de l’Éducation (SNE) porte la voix de milliers de femmes enseignantes qui sont les piliers invisibles de notre système éducatif, mais aussi ses premières victimes.
Mais pour nous, au Syndicat National de l’Éducation (SNE), cette journée n’est pas celle des fleurs ou des simples discours de circonstance. C’est une journée de bilan, de vérité et de revendication.
Le constat est amer : l’enseignante guinéenne est doublement pénalisée.
D’un côté, elle subit les mêmes blocages de salaires et de reclassement que ses collègues hommes. De l’autre, elle fait face à un plafond de verre sexiste qui l’écarte systématiquement des postes de décision.
La thématique 2026 est : « Droits, Justice ,Action pour toutes les femmes et les filles. »
Elle souligne la nécessité d’un accès équitable à la justice, d’une protection réelle des droits fondamentaux et d’actions concrètes pour toutes, sans exception.
ENSEIGNANTES ET MILITANTES D’HONNEUR.
Le SNE a recensé vos cris de cœur. Dans nos salles de classe, de Kassa à Yomou, l’enseignante guinéenne souffre en silence du fait des pesanteurs sociologiques qui hantent son esprit.
Vous gérez la craie le jour et le foyer la nuit, sans aucun aménagement de temps de travail tout en étant victimes de harcèlement de tout genre.
Qu’il soit moral ou sexuel, le harcèlement reste un tabou qui brise des carrières. Trop de nos sœurs subissent des pressions dans l’ombre des bureaux ou des salles de professeurs.
Pour inverser la tendance, le SNE exige des mesures immédiates :
– l’attribution immédiate au, femmes compétentes d’un quota minimal de 30% des postes de direction (IRE, DPE, DCE, Chefs d’établissements) .
- la création d’une ligne verte et d’une commission paritaire de discipline pour sanctionner sévèrement tout auteur de harcèlement en milieu scolaire.
– l’aménagement des horaires pour les mères allaitantes et une prise en compte effective du congé de maternité.
- l’intégration systématique des questions de genre dans la gestion des carrières.
– la fin de la précarisation des métiers majoritairement féminins.
– une meilleure protection fonctionnelle et des mesures contre les violences sexuelles et sexistes au travail et les violences conjugales.
– la lutte contre l’inégalité de répartition du travail domestique et familial.
– la mise en place d’une éducation à la sexualité, au consentement et à l’égalité.
- la mise en place d’une commission d’enquête paritaire sur le harcèlement et les discriminations de genre dans nos écoles.
Aux autorités, nous disons : l’éducation est une mère. On ne peut pas prétendre enseigner la République si l’on pratique l’exclusion dans nos propres bureaux.
Aux enseignantes de Guinée, le SNE vous dit : votre dignité n’est pas négociable. Votre combat est notre priorité absolue.
L’éducation sera paritaire ou elle ne sera pas !
Camarades Enseignantes,
Le SNE ne vous lâchera pas.
Le 8 mars n’est pas une fête, c’est un rappel : rien ne se donne, tout s’arrache par la lutte !
Vive les femmes enseignantes de Guinée !
Vive le Syndicat National de l’Éducation !
Vive l’Intersyndicale de l’Éducation !
Ce que femme veut Dieu le veut
La lutte continue !
Je vous remercie.
Michel Pépé Balamou
Secrétaire Général du SNE

















