Dans une publication sur sa page Facebook, Balla Moussa Konaté, ingénieur des Ponts et Chaussées, met en garde les autorités contre le retour progressif des encombrants physiques sur certaines routes de Conakry récemment assainies.
Selon lui, les différentes opérations de déguerpissement menées dans la capitale, notamment sur les principales artères, répondent à une nécessité majeure : permettre aux infrastructures routières de remplir pleinement leur rôle en facilitant la circulation et en répondant aux besoins des usagers.
Il rappelle que la capacité d’une voie publique dépend du respect de son usage initial. Lorsque des encombrements apparaissent et se multiplient, surtout en milieu urbain, le fonctionnement normal des routes est perturbé. Cela conduit souvent les autorités à organiser de nouvelles opérations de déguerpissement, qui mobilisent d’importantes ressources financières, matérielles et humaines.
Toutefois, précise-t-il, la libération des emprises routières ne constitue pas une finalité en soi. Elle vise surtout à restaurer le fonctionnement normal des infrastructures et à préserver les réserves foncières prévues pour les futurs aménagements.
Balla Moussa Konaté explique qu’une emprise routière libérée n’est jamais censée rester vide. Chaque composante d’une voie publique joue un rôle précis :
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La chaussée est destinée à la circulation normale des véhicules ;
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Les accotements servent principalement de bandes d’arrêt d’urgence (BAU) et sont souvent empruntés par les piétons. Ils peuvent également abriter des réseaux techniques comme l’électricité, l’internet, le gaz ou les conduites d’eau potable ;
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Les caniveaux, intégrés à l’assiette routière, permettent l’évacuation des eaux pluviales provenant de la route et de ses environs ;
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Les marges de recul ou réserves foncières sont destinées à divers usages, notamment la construction de trottoirs, l’installation de réseaux souterrains, l’aménagement de parkings, d’espaces verts ou encore l’extension future de la route.
Pour éviter le retour du cycle des déguerpissements sur les principales routes de Conakry, il estime que deux axes de solutions complémentaires doivent être privilégiés.
Le premier consiste à optimiser la fonction technique des emprises routières, notamment en concevant des infrastructures adaptées aux besoins, en renforçant la sensibilisation des populations à la citoyenneté et en améliorant les capacités institutionnelles et opérationnelles des services chargés de la gestion des routes.
Le second axe concerne la prise en compte des enjeux économiques et sociaux, afin que les activités urbaines ne se développent pas au détriment des voies publiques.
Balla Moussa Konaté annonce qu’il reviendra prochainement sur ce second aspect, qu’il considère comme essentiel pour garantir des emprises routières durables et bien entretenues à Conakry comme dans les autres villes du pays.
En attendant, il invite les citoyens et les autorités à préserver les acquis des opérations de libération des routes, afin d’éviter de nouvelles difficultés, notamment lors des fortes pluies.
Décryptage: AOB














