Le Sénégal passe à l’action pour tenter de contribuer au règlement de la crise politique qui secoue la Guinée-Bissau. Une délégation sénégalaise s’est rendue jeudi à Bissau afin d’échanger avec les responsables de la transition et de leur présenter la mission de médiation confiée à Dakar par la CEDEAO. La délégation était conduite par le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, accompagné de son homologue chargé des Forces armées, Yancoba Diémé. Cette initiative intervient alors que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye assure la présidence en exercice de la CEDEAO. Lors du sommet de l’organisation tenu le 19 juillet dernier à Freetown, en Sierra Leone, Dakar avait été choisi pour conduire les efforts de médiation dans la crise bissau-guinéenne. Il s’agit donc de la première mission officielle du Sénégal sur le terrain depuis cette désignation. Arrivée à Bissau ce jeudi 6 août 2026, la délégation sénégalaise a multiplié les rencontres avec les principaux responsables de la transition. Les émissaires de Dakar ont notamment rencontré la ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Communautés, Fatumata Jau, puis le Premier ministre Ilídio Vieira Té. Ils ont ensuite été reçus par le président de la Transition, le général Horta Inta-A Naman. Au cœur des échanges : les modalités de la médiation et les conditions permettant d’accompagner le pays vers une sortie de crise. Dakar a notamment transmis aux autorités bissau-guinéennes la volonté de la CEDEAO de soutenir le processus devant conduire à un retour à l’ordre constitutionnel. Les autorités de la transition auraient, de leur côté, favorablement accueilli cette démarche et indiqué leur disponibilité à poursuivre les échanges avec les médiateurs sénégalais. La crise actuelle trouve son origine dans le coup d’État du 26 novembre 2025. L’armée avait alors renversé le président Umaro Sissoco Embalo, alors que les résultats des élections présidentielle et législatives du 23 novembre n’avaient pas encore été officiellement proclamés. Le pouvoir militaire avait ensuite suspendu le processus électoral et mis en place une période de transition d’une durée de douze mois. De nouvelles élections générales sont annoncées pour le 6 décembre 2026.À l’approche de cette échéance, le climat politique demeure toutefois fragile. L’ancien président Umaro Sissoco Embalo a quitté le pays et vit désormais en République du Congo, après un passage par Dakar. Son principal adversaire lors de la présidentielle de novembre 2025, Fernando Dias da Costa, qui continue de revendiquer la victoire, a pour sa part obtenu l’asile politique au Nigeria. Autre figure importante de la scène politique bissau-guinéenne, Domingos Simões Pereira a récemment recouvré la liberté. L’ancien Premier ministre et dirigeant historique du PAIGC avait été détenu avant d’être libéré le 24 juillet, après que des médecins militaires eurent constaté une dégradation de son état de santé. Il a depuis quitté la Guinée-Bissau pour le Portugal, où il doit poursuivre sa prise en charge médicale. C’est dans ce contexte politique toujours incertain que le Sénégal entame sa mission de médiation, avec l’objectif affiché de favoriser un règlement pacifique de la crise et de contribuer au retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.


















