À travers l’organisation d’une séance de sensibilisation sur les cancers du sein et du col de l’utérus au sein de l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE), son directeur général, Moïse Sidibé, pose un acte qui mérite d’être salué. Au-delà du symbole d’Octobre Rose, cette initiative rappelle une vérité fondamentale : aucun service ne peut durablement être performant si la santé de celles et ceux qui le font vivre n’est pas considérée comme une priorité.
Dans un environnement professionnel où les objectifs, les résultats et le rendement occupent souvent une place centrale, il est essentiel de rappeler que la première richesse d’une institution reste son capital humain. Des travailleurs en bonne santé sont mieux préparés à relever les défis de leur mission, à faire preuve de concentration, à maintenir leur engagement et à contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs fixés. Prendre soin du personnel n’est donc ni une faveur ni une dépense superflue. C’est un choix de management responsable et un investissement dans la qualité du travail.

C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit l’initiative de Moïse Sidibé. En réunissant les hommes et les femmes de l’AGEROUTE autour d’une séance d’information consacrée aux cancers du sein et du col de l’utérus, le directeur général démontre que la responsabilité d’un dirigeant ne se limite pas à la gestion administrative, à la supervision des activités ou à la recherche de résultats. Elle consiste également à créer les conditions permettant aux collaborateurs de préserver leur santé et de mieux comprendre les risques auxquels ils peuvent être exposés.

Sensibiliser aujourd’hui pour prévenir les drames de demain : tel est l’un des enseignements majeurs de cette démarche. Les cancers du sein et du col de l’utérus représentent des enjeux importants de santé publique. Face à ces maladies, l’information, la prévention, les consultations médicales et le dépistage, conformément aux recommandations des professionnels de santé, jouent un rôle essentiel. Pourtant, la peur, le manque d’informations ou les idées reçues peuvent encore retarder le recours aux soins.
En offrant à son personnel l’occasion d’échanger avec des spécialistes, la direction générale de l’AGEROUTE contribue à lever certaines de ces barrières. Elle encourage les travailleurs à mieux connaître ces maladies, à prendre au sérieux les recommandations médicales et à adopter une attitude plus responsable envers leur propre santé.
L’initiative revêt une importance particulière pour les femmes, directement concernées par ces deux pathologies. Mais elle interpelle également les hommes, qui peuvent jouer un rôle déterminant dans la diffusion des informations, le soutien aux proches et la promotion du dépistage. La lutte contre le cancer ne doit pas être considérée comme une affaire exclusivement féminine : elle constitue une responsabilité collective.
Un bon dirigeant ne se contente pas d’exiger des résultats, il crée les conditions pour les atteindre.
En matière de management, la performance ne se mesure pas uniquement au volume des activités réalisées ou au respect des délais. Elle dépend aussi de la capacité d’une institution à protéger ses ressources humaines, à prévenir les risques et à instaurer un environnement de travail où les collaborateurs se sentent considérés.
À ce titre, l’exemple donné par Moïse Sidibé mérite de retenir l’attention d’autres responsables d’administrations, d’entreprises publiques et du secteur privé. La sensibilisation à la santé devrait trouver une place plus importante dans les politiques de gestion du personnel. Des séances d’information régulières, des campagnes de prévention, un accès facilité aux consultations et des initiatives de dépistage peuvent contribuer à renforcer le bien-être des travailleurs.
L’annonce d’une campagne gratuite de dépistage destinée aux travailleuses de l’AGEROUTE vient d’ailleurs prolonger cette démarche de sensibilisation. Elle traduit la volonté de rapprocher l’information de l’action, car connaître les dangers d’une maladie est une étape importante, mais pouvoir bénéficier de services de santé adaptés permet d’aller plus loin.
Il serait toutefois réducteur de considérer la santé uniquement sous l’angle de la productivité. Chaque travailleur est d’abord une personne dont la dignité, le bien-être et le droit à la santé doivent être respectés. La performance professionnelle constitue un bénéfice supplémentaire d’une politique de santé au travail, et non sa seule justification.
En définitive, l’acte posé par le directeur général de l’AGEROUTE véhicule un message simple, mais essentiel : une institution forte se construit aussi par l’attention qu’elle accorde aux femmes et aux hommes qui la composent. Moïse Sidibé montre ainsi qu’un responsable peut conjuguer les exigences de résultats avec une vision humaine du management.
À l’heure où les structures publiques sont appelées à améliorer leur efficacité et la qualité de leurs services, cette initiative mérite d’inspirer d’autres responsables. Elle rappelle que la performance d’une administration ne repose pas uniquement sur ses moyens matériels, ses stratégies ou ses objectifs, mais également sur la santé, la motivation et le bien-être de son personnel.
AOB


















