Le procès d’Aboubacar Demba Camara, poursuivi pour des faits présumés d’escroquerie au préjudice de Mabinty Sylla, s’est ouvert ce lundi 5 octobre 2026 devant le tribunal de première instance de Mafanco.
Le prévenu est accusé d’avoir soutiré à la partie civile la somme de 38 400 000 francs guinéens, en se présentant notamment comme un marabout. À l’ouverture de l’audience, Aboubacar Demba Camara a toutefois reconnu seulement une partie du montant qui lui est reproché.
À la barre, il a affirmé avoir reçu de Mabinty Sylla la somme de 8 500 000 francs guinéens, expliquant que cet argent devait servir à l’aider dans ses démarches pour obtenir un visa et faciliter son voyage vers l’Occident.
« Moi, je suis marabout. Auparavant, je ne connaissais pas Mabinty, je connaissais Mama Adama. C’est elle qui nous a mis en contact pour que je l’aide à faciliter l’obtention de son visa. Elle m’a remis en tout 8 500 000 francs guinéens. C’est pour l’aider à avoir un visa », a-t-il expliqué.
Selon ses déclarations, l’obtention du visa ne pouvait pas se faire directement en Guinée. Il aurait alors envisagé de mettre la plaignante en contact avec une autre personne basée au Mali.
« Donc j’ai été juste un intermédiaire », a-t-il ajouté.
Le ministère public conteste sa version
La version présentée par le prévenu n’a pas convaincu le ministère public. Représenté à l’audience par Mamady Keita, le parquet a notamment rappelé qu’un marabout n’a pas pour fonction de faciliter l’obtention d’un visa ou l’organisation d’un voyage.
Le représentant du ministère public a ainsi estimé que le prévenu ne pouvait se prévaloir ni de la qualité d’ambassadeur ni de celle de marabout pour justifier les sommes perçues.
« Vous n’êtes pas ambassadeur, vous n’êtes pas marabout. Seule l’ambassade est autorisée à délivrer un visa à quelqu’un. Vous êtes qu’un escroc pur et simple », a déclaré le représentant du parquet.
Le ministère public a également affirmé que d’autres personnes auraient porté plainte contre le prévenu, laissant entendre que l’affaire pourrait concerner plusieurs victimes.
La partie civile attendue à la prochaine audience
Après cette première phase des débats, le tribunal de première instance de Mafanco a décidé de renvoyer l’affaire au mardi 6 octobre 2026.
Cette prochaine audience sera consacrée à la comparution de la partie civile, Mabinty Sylla, qui devrait apporter sa version des faits et revenir notamment sur les circonstances dans lesquelles les sommes d’argent auraient été remises au prévenu.
Le tribunal devra ensuite examiner les différents éléments du dossier afin de déterminer les responsabilités dans cette affaire.


















