La disparition de Souleymane Diallo, fondateur du Groupe de presse Lynx-Lance et figure emblématique du journalisme guinéen, continue de susciter de nombreuses réactions à travers le pays. Parmi elles, celle de l’ancien Premier ministre et président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, qui a rendu un vibrant hommage à celui qu’il considère comme un symbole de la liberté de la presse en Guinée.
Dans un message publié sur sa page Facebook à l’annonce du décès survenu ce lundi 1er juin 2026 au Canada, Cellou Dalein Diallo a exprimé sa « profonde tristesse » et adressé ses « sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la presse guinéenne ».
L’opposant politique a rappelé le rôle majeur joué par Souleymane Diallo dans l’histoire des médias guinéens. Selon lui, avec la création du journal Le Lynx en 1992, à une époque où la liberté d’expression demeurait fragile et limitée, le journaliste a contribué à ouvrir la voie à l’émergence d’une presse libre, indépendante et critique.
« De retour d’exil, il a fait le pari, contre tous les scepticismes, qu’une parole libre, critique et humoristique pouvait exister et trouver son public en Guinée », a souligné Cellou Dalein Diallo.
Le leader de l’UFDG a également mis en avant le style singulier de Souleymane Diallo, caractérisé par l’humour, l’ironie et la satire. Un ton qui a fait du Lynx « bien plus qu’un journal : une institution », selon ses propres termes.
À travers ses écrits et ses caricatures, le fondateur du Groupe Lynx-Lance s’est imposé comme l’une des voix les plus critiques du paysage médiatique guinéen, dénonçant sans relâche les abus du pouvoir et les dérives de la gouvernance, malgré les pressions et les obstacles rencontrés tout au long de sa carrière.
Dans son hommage, Cellou Dalein Diallo a également établi un parallèle entre le combat mené par le journaliste et la situation actuelle de la presse en Guinée. Il a évoqué un contexte marqué par « la censure, la fermeture des médias indépendants et le recul inquiétant des libertés », estimant que l’héritage laissé par Souleymane Diallo demeure plus pertinent que jamais.
« Son combat résonne avec une force particulière. Il nous rappelle que la liberté de la presse n’est jamais acquise et qu’elle exige courage, constance et engagement », a-t-il affirmé.
Pour Cellou Dalein Diallo, Souleymane Diallo laisse derrière lui un héritage considérable, celui d’« un journalisme libre, courageux et sans concession », qui continuera d’inspirer les générations futures de journalistes guinéens.
La disparition de cette figure historique de la presse nationale marque ainsi la fin d’un chapitre important de l’histoire du journalisme en Guinée, mais son œuvre et son engagement en faveur de la liberté d’expression demeureront gravés dans la mémoire collective.
Que son âme repose en paix


















