Lors du sommet du CIPS, la jeune leader et présidente de l’ONG Antini-Guinée a lancé un plaidoyer fort en faveur de l’élimination des mutilations génitales féminines (MGF), tout en invitant les jeunes à s’engager pour la défense des droits humains et la promotion de l’égalité.
« Certains naissent avec des opportunités. D’autres naissent avec des combats qu’ils n’ont jamais choisis. » C’est par ces mots que Kadiata Diallo, représentante de la République de Guinée, a ouvert son intervention devant les participants au sommet du CIPS.
Fière de son pays, qu’elle décrit comme riche de sa diversité culturelle, de la résilience de son peuple et du potentiel de sa jeunesse, elle a néanmoins rappelé une réalité préoccupante : la persistance des mutilations génitales féminines (MGF), qui continuent d’affecter des millions de filles et de femmes en Guinée.

Selon les données qu’elle a citées, près de 95 % des femmes âgées de 15 à 49 ans en Guinée ont subi une forme de mutilation génitale féminine, faisant du pays l’un des plus touchés au monde. Derrière cette statistique, a-t-elle souligné, se cachent des millions de parcours de vie marqués par des souffrances physiques, psychologiques et sociales.

Rappelant la définition de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Kadiata Diallo a expliqué que les mutilations génitales féminines regroupent toutes les interventions consistant à retirer ou à altérer, pour des raisons non médicales, les organes génitaux externes féminins. Une pratique qui, selon elle, n’apporte aucun bénéfice pour la santé et entraîne des conséquences parfois irréversibles.
Au-delà des chiffres, l’intervenante a insisté sur les facteurs sociaux et culturels qui perpétuent cette pratique. Dans plusieurs communautés en Guinée, comme dans d’autres pays africains, une fille non excisée peut encore être considérée comme impure, inapte au mariage ou en dehors des normes sociales, l’exposant ainsi à la stigmatisation et à l’exclusion.
Pour Kadiata Diallo, cette réalité démontre que les défis liés aux violences basées sur le genre ne trouvent pas uniquement leur origine dans l’absence de lois, mais également dans des croyances et des normes sociales profondément ancrées, transmises de génération en génération.
Engagée au sein de l’ONG Antini-Guinée, spécialisée dans l’accompagnement psychosocial des survivantes de violences basées sur le genre et dans la promotion de la masculinité positive, elle a partagé son expérience de terrain. Selon elle, un changement durable ne peut être obtenu qu’à travers une approche inclusive associant les femmes, les hommes, les jeunes, les leaders communautaires et les institutions.
La jeune leader a également insisté sur le rôle essentiel de la jeunesse dans les transformations sociales. « Le changement ne peut pas être porté uniquement par les gouvernements ou les organisations internationales. Il a besoin de citoyens engagés. Il a besoin de jeunes leaders », a-t-elle affirmé.

















