La gestion des droits d’auteur en Guinée amorce un tournant décisif. Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a présidé ce vendredi une conférence de presse consacrée à l’annonce du paiement des droits d’auteur et au lancement de nouveaux outils numériques du Bureau Guinéen du Droit d’Auteur.
Cette initiative marque une étape importante dans la modernisation du secteur culturel, avec pour objectif de garantir une rémunération plus juste et transparente aux créateurs guinéens.
Plus de 13,6 milliards GNF à répartir
Au titre de l’exercice 2025, le BGDA a annoncé avoir mobilisé plus de 13,6 milliards de francs guinéens. Cette enveloppe sera répartie entre les ayants droit sur une période allant d’avril à décembre 2026, selon un calendrier progressif basé sur l’exploitation réelle des œuvres.
Fait notable, sept nouvelles catégories de droits seront rémunérées pour la première fois, en complément des droits classiques, élargissant ainsi le champ des bénéficiaires.
Une digitalisation pour plus de transparence
Parmi les réformes majeures, le ministre a mis en avant la digitalisation complète du système de gestion des droits à travers la plateforme eBGDA. Cette innovation vise à améliorer la traçabilité des œuvres, renforcer la collecte des redevances et faciliter l’accès des artistes à leurs revenus, y compris ceux générés à l’international.
Dans cette dynamique, la Guinée renforce également ses partenariats avec des institutions internationales telles que Organisation mondiale de la propriété intellectuelle et Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs.
Le catalogue Syliphone enfin valorisé
Autre avancée majeure : le paiement, pour la première fois, des droits issus du catalogue Syliphone, véritable patrimoine musical national. Après des années d’exploitation sans retombées pour les ayants droit, un montant de 108 000 euros a été recouvré à l’issue de négociations avec un partenaire.
Le ministre a salué cette percée et réaffirmé son engagement à défendre les intérêts des créateurs guinéens.
Une réforme soutenue au sommet de l’État
Ces avancées s’inscrivent dans la vision des plus hautes autorités du pays. Le président de la République, Mamadi Doumbouya, place la valorisation de la culture et la protection des créateurs au cœur de la refondation de l’État.
Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, soutient également cette dynamique à travers une gouvernance axée sur la transparence et la rigueur.
Un appel à la mobilisation
En conclusion, le ministre Moussa Moïse Sylla a appelé les usagers à s’acquitter de leurs redevances afin de soutenir durablement la création artistique. Il a aussi instruit le BGDA de renforcer les mécanismes de contrôle, notamment dans le secteur privé où certains droits restent encore insuffisamment collectés.
L’ambition affichée est claire : faire de la Guinée un modèle en matière de protection des droits d’auteur en Afrique de l’Ouest.


















