Un journaliste guinéen indépendant affirme avoir quitté la Guinée après avoir été victime de menaces et d’actes d’intimidation qu’il relie à ses activités professionnelles.
Selon son témoignage, le 5 avril 2026, il a publié un article portant sur les arrestations de jeunes à Wanindara, dans la commune de Matoto, à la suite de tensions survenues dans le quartier lors de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. La publication évoquait notamment des interpellations prolongées ainsi que des allégations d’abus commis lors d’opérations sécuritaires.
Le journaliste que nous nommons AB pour des raisons de sécurité affirme qu’après cette publication, il a commencé à recevoir des appels anonymes ainsi que plusieurs messages contenant des menaces. Craignant pour sa sécurité, il dit avoir quitté son domicile le même soir et avoir changé régulièrement de lieu d’hébergement.
Toujours selon son récit, plusieurs personnes se seraient présentées à son domicile pour demander après lui, ce qui aurait créé un climat de peur pour ses proches.
Il déclare également qu’une convocation attribuée à la gendarmerie aurait été déposée à son domicile le 21 avril 2026 pour une présentation prévue le lendemain. Estimant que sa sécurité n’était pas garantie, il affirme ne pas s’y être présenté.
Le journaliste explique qu’il devait quitter la Guinée dans le cadre d’une opportunité de formation en Belgique lorsqu’il aurait été interpellé à l’aéroport international de Conakry. Il affirme avoir été informé qu’il faisait l’objet de recherches et avoir été retenu dans un contexte qu’il décrit comme intimidant.
Il déclare également avoir perdu une somme d’argent, son ordinateur portable ainsi que des documents professionnels lors de cet épisode.
Le journaliste précise avoir quitté la Guinée le 12 mai 2026. Selon son témoignage, au moment de son départ, une personne présente lors de cet épisode lui aurait déclaré : « Si tu reviens ici, tu vas le regretter amèrement. Tu auras signé ton arrêt de mort. »
Il affirme avoir interprété ces propos comme une menace supplémentaire renforçant sa crainte de retourner dans son pays.
Aujourd’hui installé hors de Guinée, il estime qu’un retour dans son pays présenterait un risque pour sa sécurité.
Le contexte général de la liberté de la presse en Guinée continue d’inquiéter plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté des médias. L’affaire du journaliste Habib Marouane Camara a notamment attiré l’attention internationale sur les risques auxquels sont exposés certains professionnels des médias.
Amadou Oury Barry « AOB ».


















