“Nos routes sont devenues des zones de survie”
Par M. Abdoulaye Sy Savané, consultant en sécurité routière
Chaque matin à Conakry, le même scénario se répète.
Un chaos devenu banal. Une urgence devenue normale.
Les routes débordent.
Les passagers courent derrière des taxis déjà pleins.
Des motos surchargées surgissent de toutes parts, défiant toute logique de sécurité.
Des véhicules vétustes, souvent à bout de souffle, continuent de circuler.
Des camions lourds traversent la ville à vive allure, au mépris du danger.
Et au milieu de tout cela… la vie humaine tente de se frayer un chemin.
Nos routes sont étroites. Trop étroites.
Conçues il y a plusieurs décennies, elles ne sont plus adaptées à la réalité actuelle.
Pire encore, la majorité des conducteurs n’est pas formée à circuler dans ces conditions complexes et dangereuses.
Aujourd’hui, tous les usagers partagent la même chaussée :
piétons, motos, taxis, minibus, camions, porte-chars, véhicules longs.
Un mélange explosif.
Le résultat est sans appel :
des accidents fréquents, des vies brisées, des morts évitables, une insécurité permanente.
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Un constat clair et alarmant
Les routes héritées des années 60 ne peuvent plus supporter le trafic d’aujourd’hui.
Ce n’est plus un simple problème de circulation.
C’est une crise structurelle.
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Le vrai problème
Au cœur de cette situation : un manque criant de :
• planification
• formation
• organisation
• gouvernance
Sans une action coordonnée, le chaos continuera de s’aggraver.
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Des solutions existent — et elles sont urgentes
Il est encore possible d’agir. Mais il faut décider. Maintenant.
✔ Former les conducteurs
(conduite défensive, HSE, premiers secours)
✔ Séparer les flux de circulation
(distinguer engins lourds et légers)
✔ Construire des infrastructures adaptées et durables
(penser les routes pour les 30 à 50 prochaines années)
✔ Renforcer la sensibilisation
(changer durablement les comportements)
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Une vérité essentielle
La sécurité routière ne commence pas sur la route.
Elle commence dans les décisions que nous prenons.
On ne construit pas une route pour 10 ans.
On construit une route pour sauver des vies.
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Un appel à la responsabilité
Réduire les accidents en Guinée n’est pas impossible.
C’est une question de volonté politique, de moyens… et de priorité nationale.
Chaque jour perdu coûte des vies.
Chaque décision reportée aggrave la situation.
Il est temps d’agir.
Pour nos familles.
Pour nos enfants.
Pour notre pays.
Que Dieu nous donne les moyens et la sagesse de bâtir des routes plus sûres.


















